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Filière coton au Mali - BID vole au secours de la CMDT L'impact socio-économique du coton n'est plus à démontrer dans des pays comme le nôtre. Les conséquences dramatiques de la crise de la filière sont palpables presque à tous les niveaux. Aussi, le gouvernement ne ménage-t-il plus sa diplomatie pour inciter les partenaires aux développements et les institutions financières internationales à l'épauler dans sa politique de redressement de la filière. Des efforts qui commencent à porter leurs fruits. C'est ainsi que la Banque Islamique pour le développement (BID) et la Compagnie malienne du développement des textiles (CMDT) viennent de signer (le 2 avril 2005) une convention de financement. Sur près de 30 milliards de F CFA vise à assurer l'acquisition des intrants pour la campagne 2005-2006 de la CMDT. La BID enlève ainsi une grosse épine des pieds de la compagnie et redonne un second souffle à toute la filière. Une aubaine pour qui connaît les difficultés de la filière coton. En effet, ces dernières années, la culture du coton connaît une stagnation voire une baisse de sa productivité. Une situation qui ne s'explique pas seulement par la mauvaise répartition de la pluviométrie et les subventions agricoles. Elle est aussi liée au fait les paysans ne respectent plus les doses d'intrants à cause de leur coût élevé. L'accroissement de la production est ainsi compromis faisant du défi du Mali de se maintenir à la place du leader de l'Afrique subsaharienne dans la production de l'or blanc. Il est donc évident que "l'importance d'un tel financement n'est plus à prouver. Il permettra de corriger des lacunes constituant de véritables freins à l'épanouissement socio-économique des partenaires", a déclaré le PDG de la CMDT, Ousmane Amion Guindo. Il a assuré que des efforts internes seront faits pour que ce prêt puisse contribuer à rendre nos systèmes de production de coton plus performants et durables. Aujourd'hui, la CMDT est en mesure d'entamer des négociations avec des fournisseurs pour une révision du prix des intrants à la baisse. Et le prêt que la BID vient de lui accorder est un atout appréciable dans cette négociation. "Ce financement nous permettra de payer au comptant les fournisseurs contrairement au règlement par traite simple...", a souligné M. Guindo. Un argument de taille qui élargit les marges de manuvres de la compagnie. "La BID se réjouit de contribuer, d'une manière consistante, au soutien d'un secteur aussi vital que le coton dont le développement contribuera sans nul doute à la réduction de la pauvreté et à la satisfaction de la demande sociale", a déclaré M. Amadou Boubacar Cissé, vice-président de l'institution bancaire islamique. Il est évident, comme l'a souligné M. Ousmane Amion Guindo, que cette densification de l'espace institutionnel est porteuse d'un nouvel espoir. Elle est en tout cas souhaité par l'Etat et tous les acteurs de la filière. Cette convention BID est donc véritable ballon d'oxygène pour la CMDT. Surtout que la campagne 2005-2006 ne s'annonce pas sous de bons auspices. Accentuer
les efforts internes On est presque à un mois de la fin de la campagne de commercialisation du coton qui, au Mali, va de novembre à mai. "En octobre, les prévisions de la campagne 2004-2005 étaient évaluées à 585 000 tonnes. Au cours d'une réunion statutaire avec les producteurs, nous avons prévu d'égrener cette production de début novembre 2004 jusqu'au 11 mai 2005. Mais, il est difficile d'égrener toute cette production en 4 ou 5 mois", explique PDG de la CMDT, invité du Journal de la radio nationale le vendredi dernier. Actuellement, environ 450.000 tonnes auraient été évacuées et égrenées. "Il reste donc théoriquement 130 000 tonnes dispersées dans les villages. Mais, nous pensons que, d'ici à fin de ce mois d'avril, il ne nous restera qu'environ 60 000 tonnes à égrener. C'est dire que nous sommes pratiquement dans notre programme. Sans compter que, en octobre 2004, nous avions la lourde charge d'égrener aussi le reliquat de la production de la campagne 2003-2004, c'est-à-dire près de 20 000 tonnes de coton", assure-t-il. Le PDG promet qu'il n'y restera plus de coton dans les villages en fin avril, conformément au programme établi. Les efforts de redressement commencent à porter leurs fruits. De l'avis de beaucoup de paysans, la situation de cette année est de loin meilleure à celle la campagne écoulée. "L'année dernière, à la même date, il restait près de 200 000 tonnes de coton contre 130 000 cette année. Nous avions pris l'engagement de payer le coton aux producteurs le plus rapidement possible. Nous avons eu des difficultés compte tenu de la chute des cours mondiaux. Nous payons le coton grâce à un financement adossé à la vente de la fibre", déclare le PDG. Il précise aussi que, "présentement, 70 % de la production sont achetés. Et les 30 % qui restent nous préoccupent assez. Nous avons eu l'appui du gouvernement qui nous soutient énormément pour que l'engagement qui a été pris pour finir l'achat du coton au 30 avril soit respecté. Des mesures diligentes sont en train d'être prises, au niveau de la CMDT et du gouvernement, pour que les 30 % qui restent soient achetés et enlevés avant le 30 avril prochain". Transformer
pour plus de valeur ajoutée La Commission de l'Union monétaire Ouest africaine (UEMOA) se mobilise aussi au chevet de la filière malade des subventions agricoles et de la chute du dollar et des cours mondiaux. Elle ambitionne ainsi d'aider les Etats producteurs de l'Union à transformer 25 % de leur production cotonnière sur place. Elle veut aussi contribuer à créer des moyens permettant de mieux vendre les 75 % sur le marché international. "Notre
salut, pour redynamiser la filière coton, se trouve dans la transformation
du plus possible de coton pour aborder d'autres marchés du fil, du tissu,
de la confection...", souligne Soumaïla Cissé, président
de la Commission. Préserver la
qualité et le rendement A l'UEMOA
alors de joindre ses efforts à ceux des partenaires comme la BID pour dégager
un mécanisme de financement réduisant les charges des producteurs.
N'empêche que le président de la Commission de l'UEMOA exhorte aussi les pays africains à continuer aussi de lutter sur un front unique et solidaire contre les subventions agricoles américaines et européennes qui créent beaucoup de difficultés aux cotonculteurs africains. Il a engagé l'UEMOA à tout faire pour attirer des investisseurs étrangers dans la zone afin de relever le défi de la transformation du coton sur place. "Nous avons une bataille commerciale que nous devons gagner. Mais, derrière celle-ci, nous devons avoir des éléments incitatifs pour que les investisseurs continuent, avec nous, à transformer le plus de coton", a conseillé Soumaïla Cissé. Des expériences à
encourager Elle a aussi en projet la création des unités de bonneterie
et de confection de produits finis pour profiter des termes de l'Agoa. Moussa Bolly © Copyright Le Reflet Nouvelles économiques du mois de mars Nouvelles économiques du mois de fevrier Nouvelles économiques du mois de janvier Nouvelles économiques du mois de décembre Nouvelles économiques du mois de novembre
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