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Gestion de l'eau et de l'électricité au Mali
(L'Observateur 07/04/2005)

Le DG tire sur la sonnette d'alarme: "la dégradation de la trésorerie de EDM.SA pourrait rapidement mettre tout le monde d'accord", dixit Michel-Louis Olivier.

Le DG se fait le devoir d'alerter sur la situation actuelle de EDM.SA
Le Dg Mchel-Louis dit tenir ces propos au nom de ce qu'il appelle " notre devoir d'opérateur industriel (qui est celui) de maintenir constamment informées les Autorités des risques liés à ce déséquilibre (financier) non résolu à ce jour des secteurs de l'électricité et de l'eau ". La réalité du " tiroir-caisse " de EDM.SA est des plus critique affirme le Dg Michel-Louis. En terme clair, la tension de trésorerie est imminente et EDM.SA, a encore dit le Dg, sera bientôt dans l'incapacité, de " garantir la continuité des services "

Le niveau des pertes :
Selon le Dg Michel - Louis EDM.SA a affiché en 2004 une perte comptable de 7,2 milliards CFA. Il attribue cette perte à la non compensation des baisses tarifaires qui représentent pour les année 2003 et 2004 une perte cumulée de 12 milliards CFA. Sur la perte comptable de 7,2 milliards CFA au moins 5 milliards CFA ont pu être résorbés grâce à l'évolution des ventes, à l'amélioration des rendements techniques et de la productivité et enfin et surtout, toujours selon le Dg, à " un plan drastique de réduction des charges " Toujours de l'avis du Dg, " il est techniquement impossible de maîtriser les effets de ces baisses consécutives des tarifs "
Ces baisses tarifaires de l'ordre de 20% vont, dit-il, continuer leurs effets en 2005. Si donc rien n'est fait l'entreprise EDM.SA risque de crouler sous le poids des pertes.
Il important de relever que, alors que la direction de EDM.SA parle de perte, la CREE, instance de régulation de son côté parle d'un bénéfice de l'ordre de trois(3) milliards CFA enregistré par l'entreprise EDM.SA en 2004. Le commun des observateurs ne peut que s'étonner de la profondeur de la divergence entre techniciens que sont la direction de EDM.SA et la CREE. De façon globale dans la gestion de l'entreprise, il y a une différence de 10 milliards CFA entre ce que la direction dit être la réalité et ce que la CREE affirme connaître de cette même réalité.

La surexploitation des réseau :
Le Dg de EDM.SA tire aussi la sonnette d'alarme par rapport à ce qu'il appelle l'exploitation des réseaux. Le réseau de l'eau par exemple tourne aujourd'hui, pas à plein régime mais plus qu'il ne faut. Et étant entendu que la ville de Bamako est alimentée par une seule station de pompage, le pire peut arriver à tout moment. L'énergie thermique ne représente que 15% de l'énergie fournie par EDM.SA. Mais ces 15% de thermique reviennent autant cher que les autres 85% fournie en énergie hydraulique. Par exemple la centrale thermique de Darsalam consomme en moyenne 3 millions CFA de carburant par heure. Et par ailleurs, en cette période de chaleur, l'ensemble des installations hydroélectriques souvent vétustes sont soumises à vive tension.

Les impayés de l'Etat :
L'Etat devrait à EDM.SA au titres d'impayés environ 12 milliards CFA

L'appel de pied au ministre Ahmed Diane Sénéga
Le Dg de EDM.SA ne s'en cache pas du tout quand il affirme que les positions respectives de l'Etat, de la CREE et du concessionnaire " restent encore très éloignées ". En effet, le concessionnaire, en l'occurrence SAUR-IPS campe depuis plusieurs années sur sa position qui consiste à exiger de l'Etat malien qu'il lui soit versé la compensation de baisses de tarifs. Face à ce point précis et face à la situation générale de EDM. SA, le Dg Michel-Louis dit qu'il est " convaincu que les parties doivent absolument tout tenter afin d'empêcher l'émergence (d'une dégradation de la trésorerie) aux conséquences désastreuses pour les secteurs de l'eau et l'électricité au Mali " Et le Dg de poursuivre : " nous souhaitons que notre ministère de tutelle joue un rôle actif dans le processus " Parce que, dira t-il, " indépendamment des ces différences de points de vue sur les aspects économiques et financiers (de EDM.SA), c'est le passage de la saison sèche 2005 et la minimisation des incidents sur les réseaux d'électricité et d'eau potable qui doit continuer à mobiliser les équipes EDM.SA. Le maintien des services aussi stratégiques et vitaux demeure notre unique priorité ", a t-il conclu.

Belco TAMBOURA

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