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Ex-chemin de fer du Mali: la nécessaire réinsertion socio-économique
(L'Essor 11/04/2005)

Plus de quatre cent agents, toutes catégories confondues. Le paiement des droits aux déflatés qui s'est effectué dans les conditions plus ou moins normales, n'a pas suffit à calmer les ardeurs des ex-cheminots. Ces derniers se regroupèrent en syndicat pour dénoncer cette mesure du gouvernement et "défendre leurs droits". Comme dans tous programme de privatisation, celui de la R.C.F.M prévoyait également un plan social afin d'accompagner les compressés. Ce plan social prévoyait des sessions de formations pour la réinsertion socioprofessionnelle des déflatés. D'où l'initiative des autorités de mettre en place la cellule d'appui pour la réinsertion des cheminots du Mali (CARCHEM). Cette structure qui fut créé en octobre 2004 s'est proposée de mettre en place des moyens et outils documentaires et une assistance pour accélérer et faciliter la recherche d'un nouvel emploi pour les adhérents qui veulent rester salariés, détecter le potentiel entrepreneurial des adhérents qui sont porteurs d'un projet de création ou de reprise et leur apporter la formation et l'assistance nécessaires à la concrétisation de leur projet. Elle peut assister, conseiller et orienter sur les plans technique, économique et financier les adhérents qui souhaitent créer, reprendre ou développer une entreprise, et rechercher éventuellement, auprès des spécialistes ou d'organismes extérieurs des appuis complémentaires pour répondre aux problèmes rencontrés. Ainsi, sur initiative du gouvernement et de la banque mondiale, la CARCHEM a organisé la semaine dernière, la toute première session de formation à l'intention d'une trentaine d'adhérant(tous des ex-chemnots) qui ont choisi le secteur du transport. Au cours de cette formation l'approche utilisée a été la formation des adultes du type "formation/Action c'est à dire les participants ont été formés en vue de les rendre plus aptes à exercer dans le domaine des transports. A la clôture des travaux, le secrétaire général du département de tutelle rappellera aux participants que cette session de formation est l'aboutissement des efforts conjugués de la CARCHEM, du gouvernement et de la banque mondiale. Il ajoutera par ailleurs : "Nous tenons à vous rappeler que vous êtes les premiers artisans de votre avenir, par conséquent vous devez tout mettre en œuvre pour capitaliser les acquis de cette session".
Du côté des cheminots qui ont pris part à la formation, les avis divergent. Badou K. Diallo, ex-cheminots apprécie la tenue d'une telle formation. D'abord du fait de la métrologie appliquée, mais surtout des thèmes qui ont été débattus. Cependant, notre interlocuteur a des remarques. L'ex-cheminot reproche aux autorités, le retard accusé pour une telle initiative. Selon lui, la formation pour la réinsertion socio économique des cheminots déflatés faisait partie du plan social depuis en 2003, un plan social qui, selon lui n'a jamais été respecté par les autorités. "Ce que nous reprochons au gouvernement, c'est la lenteur prise dans cette initiative qui devrait faire partie des priorités". Badou K. Diallo regrette cependant que les autorités aient attendus que "les gens soient mises aux chômages pour initier leur insertion socio-économique". "Cependant, ajoute-t-il, il ne faudrait pas que le gouvernement et la Banque Mondiale qui sont les initiateurs de ce programme se déculpabilisent, il faut que la formation soit suivi d'actes concrets". Même son de cloche chez Mme Kamaté Kadiatou Touré, également ex-cheminot. Elle apprécie aussi l'initiative de la création de la cellule d'appui à la réinsertion des cheminots, et insiste sur l'importance de la formation qu'elle venait de suivre, surtout pour avoir appris les notions de bases sur la création d'entreprise. Cependant, elle explique que nombreux cheminots avaient eu des difficultés dû à la mauvaise gestion des droits que l'état leur avaient payé. Ces derniers qui n'avaient aucune notion de la gestion du fonds de commerce sont aujourd'hui dans de sérieuses difficultés pour avoir dilapidé leur argent ce gens sont jusqu'à ce jour nombreux d'où la nécessité pour l'État de multiplier les initiatives pour la réinsertion socio-économique des déflatés de la Régie des Chemins de Fer. Toutefois, ces déflatés rencontrent toujours des difficultés qui les opposent à l'État. Selon nos sources, aux lendemains de la concession de la régie, l'État avait mis une commission en place pour se pencher sur des questions relatives à l'avancement des déflatés, le plafonnement de leur droit, ainsi que leurs indemnités légaux , . Mais jusqu'à ce jour, ce problème reste entier, car la commission créée pour la circonstance n'a pas fait son travail. "L'État a estimé que l'argent dont les déflatés ont droit ne doit pas dépasser leur salaire" nous dit Kadiatou Touré selon qui ces "quelques difficultés ne doivent plus durer, car l'affaire est devant la justice". En dépit de tout face à toutes ces difficultés, les ex-cheminots fondent leur espoir à toute initiative allant dans le sens de leur réinsertion socio-économique. C'est pourquoi après la session de formation, les participants ont salué l'initiative de la CARCHEM. Mais, ils ont également exprimé leur inquiétude pour leur suivi. "Nous sommes persuadés que de telles initiatives se multiplieront et espérons qu'elles seront suivi d'effets et d'actes concrets pour la réinsertion socio-économique du maximum de cheminots ayant perdu leur emploi," a dit M. Diarra, également participant à la session de formation.
Contrairement à certains cheminots qui pensent que la CARCHEM était venue en retard, son directeur général Lamine Yoro Diakité estime lui qu' "il n'est jamais trop tard pour bien faire". Il assure par ailleurs que tous les ex-cheminots qui reçu une formation seront suivi pour leur réinsertion.
La cellule d'appui à la réinsertion des cheminots, faut-il le rappeler, est une initiative du gouvernement malien, financièrement soutenu par la banque mondiale à travers l'association internationale pour le développement (IDA).

Mh. Traoré

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