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Bamako : les ponctionneurs de comptes bancaires (L'Essor
07/04/2005) Des escrocs d'un type nouveau écument actuellement les
banques et s'attaquent aux comptes des grandes sociétés. L'un d'entre
eux s'est fait prendre Les escrocs ne manquent pas d'imagination. A peine
une astuce éventée, ils en inventent une autre. Les multiplicateurs
de billets de banque peinent maintenant à trouver des pigeons à
plumer. Même les personnes les plus naïves se posent aujourd'hui les
questions de bon sens. Le multiplicateur de billets roule-t-il lui-même
sur l'or ? Pourquoi ne travaille-t-il pas pour lui-même ? Les escrocs
sont donc contraints d'évoluer. Certains ont ainsi décidé
de s'exercer à vider les comptes bancaires d'autrui. C'est la première
fois que les services de police sont confrontés à cette "spécialité". Avant
d'entrer dans les détails, il est important d'expliquer le modus operandi
de l'escroquerie au compte bancaire. Les malfaiteurs se rendent dans une banque
de la place et ouvrent un compte. Ensuite, ils s'arrangent pour connaître
le numéro de compte des grandes entreprises (facile, il figure sur leur
papier à en-tête) ou de hautes personnalités c'est-à-dire
des comptes régulièrement provisionnés de grosses sommes
d'argent. Avant de passer à l'action, ils s'exercent à imiter
les signatures qui donnent accès à ces comptes. Le reste n'est pas
compliqué : se procurer un chéquier et signer un chèque au
nom de l'entreprise ou de la personne ciblée. Muni du chèque, ils
se présentent au guichet de le banque et demandent de créditer leur
propre compte avec le montant indiqué. 16 millions de Fcfa : La
première victime de ce type de manoeuvre est une société
de la place dénommée "Cigogne Bani Koni". Le faussaire
s'appelle Oumar Diallo. Par le procédé que nous venons de décrire,
l'homme a réussi à engraisser son compte de 16 millions de Fcfa
à partir de celui de "Cigogne Bani Koni". La réussite
de l'opération a aiguisé l'appétit de Oumar Diallo. CIl se
lancera ainsi dans une seconde opération portant sur une somme de 14 millions
de Fcfa, qui a mal tourné. Oumar Diallo se présenta à
la BNDA avec un chèque de "Cigogne Bani Koni" et ordonna que
les 14 millions soient transférés dans son propre compte. Mais l'escroc
ne savait pas que "Cigogne Bani Koni" s'était aperçu que
son compte avait été débité de 16 millions de Fcfa
et avait interpellé sa banque en expliquant n'avoir émis aucun chèque
depuis plusieurs semaines. La banque alerta ses caissières leur demandant
un surcroit de vigilance. Les investigations permirent de mettre à jour
les mouvements de fonds du compte de la société "Cigogne Bani
Koni" vers celui d'Oumar Diallo. Les caissières reçurent instruction
d'alerter la hiérarchie sitôt qu'Oumar Diallo se présenterait
aux guichets. L'homme devait expliquer les mouvements suspects de fonds vers son
compte. Son compte n'ayant pas été alimenté par le dernier
chèque déposé, l'escroc eut l'outrecuidance de venir demander
des explications à la BNDA. La caissière à qui il avait remis
sa carte d'identité, le reconnut immédiatement. L'homme qui
n'est pas bête, remarqua qu'il faisait l'objet d'une attention particulière
de la caissière. Il comprit rapidement que ça sentait le roussi.
Profitant de la cohue dans le hall de la banque, il s'éclipsa en abandonnant
sur place ses pièces d'état-civil. Il est maintenant activement
recherché par les éléments de la brigade d'investigation
judiciaire. La vigilance : Si Oumar Diallo a réussi au moins un premier
coup, Lansana Traoré, un autre escroc, a échoué d'emblée.
Ce malandrin qui avait ouvert un compte à la Bank of Africa, a tenté
de siphonner le compte de la compagnie d'assurance Lafia, domicilié à
la BDM-SA. La vigilance d'une des employées a empêché les
assurances de perdre 9,9 millions de Fcfa. Tout comme Oumar Diallo, Lansana Traoré
a réussi à s'échapper et à disparaître dans
la nature. Après les tentatives d'Oumar Diallo et de Lansana Traoré,
les banques se sont passées le mot. Partout, l'heure est à une vigilance
accrue pour déjouer ce genre d'escroquerie. C'est ce qui a permis à
la Banque sahélo-saharienne pour l'investissement et le commerce (BSIC)
de déjouer la tentative de Youssouf Diarra. Cet homme voulait créditer
son propre compte de plus de 17 millions de Fcfa au détriment de la société
EZOT. L'escroc fut trahi par la photo figurant sur sa carte d'identité. Youssouf
Diarra a été coincé. L'homme, un Ivoirien, s'appelle en réalité
Oumarou Mangourou Diomandé. A la Brigade d'investigation judiciaire où
il a été interrogé, il a révélé qu'il
opérait sous les ordres d'un certain Aboubacar Bagayoko qui, d'après
le passeport trouvé sur lui, est un Malien né à Abidjan.
L'homme a également séjourné au Sénégal. Les
hommes du commissaire Cyriaque Dembélé tentent de savoir si Oumar
Diallo, Lansana Traoré et Oumarou Mangourou Diomandé appartiennent
à la même bande. Pour le moment, il y a une certitude : tous les
escrocs utilisent la même technique. Les policiers pensent aussi que ces
hommes ne sont pas des Maliens. Les limiers se sont attelés à
démasquer les complices des trois étrangers qui ont certainement
bénéficié de complicité pour obtenir les numéros
de compte des sociétés et les signatures. Qui les a aidés
à acquérir des papiers d'identité maliens, s'interrogent
ainsi les policiers. D'après nos sources, des conseillers municipaux et
des agents de police sont impliqués dans le trafic de faux papiers. Une
enquête est déjà ouverte sur certains policiers. Des noms
sont même cités. Des têtes devraient donc tomber dans les jours
prochains. G. A. DICKO © Copyright L'Essor Nouvelles
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