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«La bourse de Londres pourrait soutenir l’émergence d’une monnaie unique ouest africaine»
(Les Afriques 03/03/2008)

Ibukun Adebayo, directeur Afrique et Moyen Orient du London Stock Exchange, bouscule quelques idées reçues concernant la finance africaine…

Les Afriques : Pensez vous que le London Stock Exchange peut influencer, d’une certaine façon, les marchés financiers en Afrique ?
Ibukun Adebayo : Question très pertinente! Je pense que oui. Nous avons une réelle influence dans certaines régions d’Afrique. Nous avons des cultures juridiques, une approche des affaires et de la finance quasi identiques.

Les Afriques : La CEDEAO travaille énergiquement depuis longtemps pour que la monnaie unique ouest africaine devienne une réalité. Est-ce un objectif souhaitable et réalisable ?
Ibukun Adebayo : Avec l’expérience européenne que nous connaissons, nous savons que ce n’est pas toujours facile. La monnaie unique européenne a été un très long processus, et il y a, je voudrais le souligner, beaucoup de difficultés à atteindre cet objectif, non pas seulement dans les pays développés ici en Europe, mais aussi au Moyen Orient. Je crois que ce sera une bonne chose que d’avoir cette monnaie unique ouest africaine. Mais ce serait difficile de dire quel format cela devra prendre. Mais nous serons prêt à soutenir une telle initiative parce que nous croyons que cela améliorera le standard dans la région.

Les Afriques : Les gouverneurs des banques centrales africaines seraient très compétents. Comment expliquez-vous cela si l’on sait toutes les pressions politiques qu’ils doivent subir, et nous savons qu’ils n’ont pas les mêmes marges de liberté pour travailler professionnellement comme ici, à Londres ?
Ibukun Adebayo : Je crois, au contraire, que les banques centrales en Afrique ont plus de liberté et de flexibilité. On en parle peu. Par exemple, le gouverneur de la banque centrale d’Angleterre à la liberté d’augmenter le taux d’intérêt, mais il n’a pas la possibilité d’arrêter le ralentissement de l’économie, cela ne peut se faire qu’au niveau de la politique monétaire que ces gouverneurs de banques centrales appliquent. En Afrique, les gouverneurs de banques centrales ont souvent plus de liberté pour appliquer des mesures économiques appropriées à la politique monétaire. Leur succès s’explique sans doute par cela.

Charles Bambara

© Copyright Les Afriques

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