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Métier de consultant : La survie passe par l'organisation
(L'Essor 28/03/2007)

Les professionnels se voient enlever les marchés par des personnes agissant dans l'informel. C'est pourquoi ils ont créé une fédération pour défendre leurs intérêts . Au sortir de la troisième journée nationale des consultants (JNC), les professionnels du secteur, regroupés au sein de la Fédération nationale des consultants du Mai (Fenacom) ont décidé de constituer une Base de données des consultants et de le mettre au service et de ses membres et de leurs clients. Ils prévoient aussi d’intervenir sous forme de réseaux pour les Bureaux d’Études et de Consultants, d'assurer une présence plus affirmée sur le marché (national et international). Ils ont également convenu d’élaborer un ambitieux programme de renforcement des bureaux.
Les consultants aussi ambitionnent de mettre l’accent sur la certification et l’accréditation des consultants, institué un code de déontologie et d’éthique, en vue de fermer la porte aux amateurs. Pour le président de la Fédération nationale des consultants du Mali (Fenacom) Daha Tidjan Bâ, n’est pas consultant qui veut. Selon lui, le métier est gangrené par les agissements de personnes qui livrent aux professionnels, légalement installés, une concurrence déloyale alors qu’elles ne sont reconnues par aucune structure de l’État.
Pour lui, cette situation est encouragée par les partenaires financiers. Nombre d’entre eux préfèrent les Organisations non gouvernementales (ONG) pour exercer les activités, qui normalement reviennent aux consultants professionnels. Car la plupart des bailleurs de fonds estiment que les ONG sont beaucoup plus proches des populations que les consultants qui sont essentiellement installés dans les grands centres urbains.
Selon le président de la Fenacom, les consultants locaux souffrent également de l’ignorance des partenaires. Beaucoup des bailleurs ignorent l’existence des bureaux de consultation dans notre pays. C’est pourquoi, nombre de marchés leur échappent. En la matière, ils sont obligés de sous-traiter avec leurs collègues du Nord qui raflent tout le marché. Et, généralement, ils ne leur donnent que de la broutille.
Or tout comme les banques, les assurances et les autres services du tertiaire sont indispensables au développement économique d’un pays, le secteur de la consultation l’est également, a martelé Daha Tidjan Bâ. Selon lui, le développement étant un processus de transformation, il ne laisse pas de place au hasard. Tout se pense, se conceptualise avant d’être réalisé. Au Mali, le tarif proposé à la clientèle figure parmi les plus bas de la sous-région. L’étude d’un dossier coûte 50 000 Fcfa par jour pour un délai maximum de 90 jours. Et, les contrats du genre sont des denrées rares. La plupart des contrats excèdent difficilement les 60 jours maximum. Selon M. Bâ, ils sont nombreux, les consultants qui tirent le diable par la queue.
Pour sortir de cette crise, le président de la Fenacom souhaite que l'État se dote d’une politique structurante du secteur. C’est-à-dire que dans l’attribution de tout marché, que l’acquéreur (expatrié) s’engage à travailler avec un consultant local. Par contre, s’il est un des nôtres, qu’il s’engage à former un jeune. Ceci permettra au secteur de se renforcer et de générer des ressources.

A. O. DIALLO

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