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Marché de la consultation: Une mine de compétences
et de richesses à valoriser
(L'Essor 21/03/2007)
Le développement du secteur permet non seulement de conduire de
bonnes politiques économiques avec l'expertise locale, mais aussi
de créer de l'emploi
Le secteur des services est en plein essor dans notre pays. La zone ACI
2000 à Hamdallaye est inondé de plaques publicitaires des
Bureaux d'études et de consultations. Ils sont pour la plupart
des experts en management, en étude sectorielle ou en communication.
Ces hommes et femmes qui travaillent dans l'ombre pour orienter les politiques
économiques, sociales et culturelles sont des entrepreneurs qui
créent de la richesse et de la valeur ajoutée. Ils ont également
de solides expériences dans bien des domaines de compétence
liés à la gestion des entreprises et aux développements
communautaire et local. Ces expériences étant affirmées
grandes en matière détudes de marché et de
management de projets.
Il ressort d'une enquête réalisée par la Fédération
nationale des consultants du Mali (Fenacom) en 2003 que les Bureaux détudes
et de consultants du Mali, pour la plupart ont été créés
ces dix dernières années. Dans neuf cas sur dix, ils sont
déclarés au registre du commerce et résident essentiellement
à Bamako. La plupart de ces entreprises sont des Sociétés
à responsabilité limitée (SARL) ou des Sociétés
unipersonnelles à responsabilité limitée (SURL).
On retrouve également des entreprises individuelles et des Groupements
dintérêt économique (GIE).
Quelque soit la nature juridique du Bureau, l'étude a révélé
que certains ont de solides expériences dinterventions en
Afrique de louest et parfois, des expériences africaines
et internationales fort appréciables, notamment pour celles qui
font de la formation. Le personnel permanent utilisé dans ces Bureaux
est en général des cadres de haut niveau (bac+4 et plus
appelés seniors). La main-d'oeuvre est masculine en grande partie.
En terme de partenariat, il est courant que les Bureaux utilisent des
consultants temporaires dans leurs interventions, comme pour répondre
à linsuffisance ou à lincapacité de recruter
et fidéliser des consultants permanents. Par ailleurs, ils sont
en quête de partenaires et dappuis pour accéder à
de nouveaux marchés et ainsi, valoriser leurs capacités
dinterventions sous-utilisées.
Dans leur écrasante majorité, ils cumulent au moins deux
types dactivités. Les Bureaux sont en même temps des
organismes de formation cumulés avec des activités de consultation,
notamment en développement rural, développement local et
management des entreprises. Mais l'étude a révélé
une prédominance de certains types de sociétés :
le conseil en management 67,6 %, en études sectorielles 44,6% et
conseil en communication 27%.
Les clients de la consultation sont principalement les projets et programmes
de développement du secteur public et des institutions internationales,
quelque soit le type de Bureaux détudes et de consultants.
Les entreprises du secteur privé sont plutôt des clients
de second rang. La demande de la clientèle est assez régulière.
Les bureaux sont en général sollicités pour leur
expertise en termes dévaluation et de suivi. Les rôles
de conseiller, dexpert, de facilitateur, de formateur prédominent
dans les appels doffre des clients à la différence
de ceux dauditeur, de réalisateur, de maître duvre
ou dopérateur de projet.
Moins de dix contrats par an. Nonobstant cette richesse en ressources
humaines, nos experts se plaignent de leur traitement. Selon l'étude,
la moitié des Bureaux estiment avoir des contrats de durée
intermédiaire. Un peu plus de la moitié réalise moins
de dix contrats par an. Pour deux contrats sur cinq réalisés,
les budgets sont inférieurs à 5 millions de Fcfa. Les contrats
de plus de 10 millions de Fcfa représentent 1/3 de lensemble.
Alors qu'ils ont des charges : salaires des employés, charges d'électricité
et eau, de téléphone et de location du bureau, sans parler
des charges fiscales.
En matière dhonoraires, l'étude montre que les taux
pratiqués sont jugés moyennement satisfaisants à
très insatisfaisants par trois sociétés sur cinq.
Selon les enquêteurs, dans bien des cas, les honoraires journaliers
des consultants natteignent pas 150.000 Fcfa, pour moins de 100
jours facturés par an. Cependant, les appels d'offre tombent au
compte goutte et si c'est le cas, il faut intéresser beaucoup de
partenaires qui ont intervenu dans l'acquisition du marché. Et
en termes économiques, 9/10ème des Bureaux détudes
et de consultants évaluent leur valeur ajoutée dégagée
à au moins 60% de leurs chiffres daffaires.
Selon le président de la Fenacom, Daha Tidiane Bâ, directeur
général de l'Institut africain de l'entreprise, les consultants
au Mali souffrent le martyr à cause de la concurrence déloyale
de certains agents de l'État, des Organisations non gouvernementales
(ONG) et des grands Bureaux européens et américains qui
raflent tous les marchés internationaux. Ils sont nombreux à
raser le mur pour survivre. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
A. O. DIALLO
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