|
Aéroports du Mali : La modernisation coûtera
29 milliards de FCFA
(L'Essor 14/03/2007)
L'aéroport international de Bamako aura sa piste et ses parkings
pour avion agrandis et son aérogare réaménagé
La réalisation de ce projet nécessite la mobilisation des
fonds aussi bien internationaux que nationaux.
A l'heure de l'intégration et de la mondialisation, les infrastructures
de transport jouent un rôle déterminant dans le développement
des États. Conscient de cette réalité, notre pays
s'est doté d'un projet ambitieux de restructuration et de modernisation
de ses infrastructures aéroportuaires.
Les "Aéroports du Mali" en tant qu'établissement
public à caractère commercial a été créé
en 1970 par décret 29/CMLN du 06 juillet 1970. C'est un système
daéroports repartis sur lensemble du territoire malien
et qui regroupe au total 9 aéroports dont 6 internationaux - Bamako-Sénou,
Kayes Dag Dag, Mopti Ambodédjo, Sikasso Dignagan, Tombouctou et
Gao - et trois nationaux (Nioro, Yélimané et Goundam).
Les ADM ont pour mission d'assurer la gestion commerciale des aéroports,
la coordination des activités sur les plates-formes aéroportuaires,
le développement et lamélioration des infrastructures
qui lui sont confiés.
La géographie du transport aérien malien s'avère
très favorable. En effet, la capitale, Bamako peut être reliée
aux principales capitales ouest africaines en 1h30 minutes en moyenne
doù sa caractéristique de hub naturel. Inauguré
en 1974, les ADM ont été conçus pour une capacité
de 200.000 passagers environ et dimensionnés pour des moyens porteurs
doù sa très forte congestion de lordre de 200
% et le dépassement de ses services. A l'heure actuelle, le trafic
est tel que la principale plate-forme est devenue le hub sous-régional
de plusieurs compagnies. Cette évolution a érigé
Bamako-Sénou au rang de 3è plate-forme aéroportuaire
de la zone UEMOA après les aéroports de Dakar et Abidjan.
Accroissement d'environ 6 %. Le Mali, dans sa politique de désenclavement
intérieur et extérieur, a accordé une place primordiale
au transport aérien. Des actions prioritaires ont été
initiées en matière d'adaptation des infrastructures et
équipements aéroportuaires aux besoins de lexploitation
de libéralisation des droits de trafic, de l'amélioration
des mesures de sécurité et de sûreté aéroportuaire,
de l'adaptation du cadre législatif et institutionnel, de l'organisation
de vols charters. Selon les statistiques, le flux des passagers est passé
de 362.000 personnes en 2001 à 516.000 passagers en 2005 soit 42,28
% daugmentation en cinq ans. Les mouvements davions ont évolué
sur la même période de 10,63 % et le fret de 42,22 %. Les
statistiques prévoient une tendance moyenne daccroissement
d'environ 6 % par an jusquà lhorizon 2020. L'aéroport
international de Bamako présente des atouts considérables
pour son expansion, pour l'essor des activités de production, de
négoce et de service.
Face à laccroissement du trafic et particulièrement
du trafic international avec ses exigences et contraintes multiples, lapproche
stratégique de base a été la constitution despaces
aéroportuaires classés pour leur développement durable.
Les surfaces retenues sont de 7.194 hectares pour Bamako-Sénou
et 5.000 hectares pour chaque aéroport de lintérieur.
Le schéma de développement des ADM est déterminé
par un Plan de développement intégré. A travers ce
plan, le domaine a été reparti en zones de croissance comprenant
une plate-forme réservée aux activités aéronautiques
de 3.860 ha, une zone dactivités commerciales de 390 ha,
une zone réservée aux foires expositions de 180 ha, une
zone dhôtellerie et de change de 50 ha, une zone de commerce
et de bureau de 10 ha, une zone de sport et de loisirs de 120 ha, des
zones réservées aux espaces verts et aux coupures vertes
de 450 ha, une zone de maraîchage de 600 ha, une cité de
lair de 130 ha et une zone militaire de 1.200 ha.
Bamako, plate-forme de référence. L'objectif final consiste
à ériger laéroport de la capitale en plate-forme
de référence tant pour les dessertes directes que pour le
trafic de correspondance et de transit technique. Il s'agit également
de constituer à lintérieur du pays des aéroports
dédiés au tourisme de masse pour Mopti, Gao, Tombouctou
et Kayes et de développer des produits du crus pour laéroport
de Sikasso. Les aéroports non encore internationaux seront mis
en normes et standards de leur catégorie. La continentalité
et la grande superficie du territoire nationale a priori un handicap seront
ainsi érigées en atouts pour les investissements utiles
et surs.
La réalisation de ces objectifs requiert une forte implication
des capitaux aussi bien nationaux quinternationaux. Les besoins
de financement pour la réhabilitation, l'extension et la modernisation
de lemprise aéroportuaire est estimé à 29 milliards
de Fcfa. La composante MCA financera un montant total de 183,9 millions
de dollars US qui contribueront à Bamako-Senou à lextension
de la piste, bretelle et parking avion, au réaménagement
de laérogare, à la construction d'immeubles administratifs,
à l'appui à la gestion, à laménagement
dune zone industrielle de 200 hectares.
Pour ce qui est des aéroports de l'intérieur, l'extension
de laéroport de Tombouctou nécessitera 5,2 milliards
de Fcfa, la réhabilitation de celui de Gao 7,7 milliards de Fcfa.
La clôture des zones de sûreté des aéroports
de Sikasso, Yélimané, Tombouctou et Goundam coûtera
4 milliards de Fcfa. Le financement de l'extension de laéroport
de Kayes Dag-Dag est estimé à 3,6 milliards de Fcfa. Celui
de Sikasso Dignangan à 8,82 milliards de Fcfa. Mopti Ambodédjo
reviendra à 1,75 milliard de Fcfa alors que la construction de
nouveaux aéroports à Kidal et Taoudenit coûteront
respectivement 20 milliards de Fcfa et 18 milliards de Fcfa. Le climat
des affaires et les projections de rentabilité ont déjà
incité dimportants groupes privés internationaux comme
Trans-océan Group et EBR-LR Group à manifester leur intérêt
de financement de nos infrastructures et équipements aéroportuaires.
Loption retenue pour le partenariat portera sur louverture
du capital de «Aéroports Du Mali» dont l'étude
dextension et de modernisation a été menée
par le cabinet espagnol INECO. Le rapport final est disponible depuis
fin septembre 2006. Le projet a pour but d'accroître la capacité
de 200.000 à 1,5 millions de passagers par an.
F. MAIGA
© Copyright L'Essor
Archives
|