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Ahmed Mohamed Ag Hamani : « Tous nos indicateurs
économiques sont au vert ! » Jeune Afrique/l'intelligent
: À quelques jours de la table ronde de Genève, les résultats
de votre gouvernement en matière économique plaident-ils en votre
faveur ? J.A.I. : Tout cela a-t-il des effets sur le « panier de la ménagère », comme lon dit ? A.M.A.H. : Il est évident que les bonnes récoltes de cette année ont rempli les greniers des paysans, qui représentent plus de 70 % de la population et produisent 80 % de la nourriture (riz, maïs, sorgho, mil) quils consomment. Lan dernier, leffet combiné dune offre de céréales plus abondante et de la réduction des tarifs de leau, du téléphone et de lélectricité a fait baisser de 1,3 % lindice des prix à la consommation. Le panier de la ménagère ne sen porte que mieux. La crise ivoirienne a certes provoqué un renchérissement des coûts dacheminement des produits importés à partir de Lomé ou dAccra, mais nous avons, par le biais de détaxes, veillé à maintenir le niveau des prix. J.A.I. : Les résultats sont moins convaincants en ce qui concerne lemploi des jeunes A.M.A.H. : Cette question préoccupe beaucoup le chef de lÉtat, qui en a fait, avec lamélioration de la condition des femmes, lune des priorités de son mandat. Le 24 février, il a dailleurs inauguré le siège de lAgence pour la promotion de lemploi des jeunes, une structure qui va sefforcer de résoudre les problèmes dinsertion professionnelle des demandeurs demploi. Un fonds de plusieurs milliards de francs CFA est par ailleurs en cours de création, dans le même objectif. Mais la principale piste que nous explorons est celle du déploiement des jeunes dans lagriculture et lélevage, deux domaines dactivités à fort potentiel de main-duvre. J.A.I. : Selon certains, la réalisation d'infrastructures est au point mort et na guère progressé depuis le départ du président Alpha Oumar Konaré A.M.A.H. : Ceux-là se trompent, tout le pays est en chantier. Je pourrais multiplier les exemples. Il y a la construction, à Bamako, de la Cité administrative, qui abritera la primature et douze ministères (coût : 40 millions de dollars) et celle du complexe destiné à accueillir, en février 2005, le sommet France-Afrique. Par ailleurs, 1 008 logements sociaux sont en cours dachèvement et les travaux de construction de la route Tombouctou-Niafounké ont commencé en décembre 2003, de même que ceux des axes Mali-Guinée et Mali-Mauritanie. J.A.I. : Linsécurité règne dans le Nord. La présence au Mali dislamistes algériens membres du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) crée un certain nombre de problèmes, de même que celle de mercenaires et dex-rebelles ivoiriens Tout cela ne risque-t-il pas de décourager les investissements ? A.M.A.H. : Je ne le crois pas. Le climat politique est aujourdhui apaisé, consensuel. Nous avons signé avec les syndicats un pacte de solidarité pour la croissance et le développement, et lécole a renoué avec la stabilité depuis deux ans. Le Mali nest pas confronté à lextrémisme islamiste. Après négociations, nous avons convaincu les salafistes algériens de quitter le Mali. Comme vous le savez, ils se sont repliés au Tchad. Le Nord est désormais sécurisé, surveillé en permanence par nos troupes, dont la formation est actuellement assurée par les forces spéciales américaines. Propos recueillis par Cheikh Yérim
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