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Coopération Mali-UE: un challenge d'une qualité exceptionnelle
(L'Essor 19/03/2003)

L'enveloppe de 245 milliards de Fcfa place le Mali à la seconde place après l'Éthiopie parmi les 77 pays ACP signataires des accords de Cotonou et engage notre pays et l'UE bien au delà de ce qu'ils ont pu faire par le passé.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Lassana Traoré, et le chef de la délégation de la Commission européenne, Francesco Goretti di Sturmeck, ont apposé leur paraphe mardi au Palais des congrès, sur un document relatif à la coopération entre le Mali et l'Union Européenne.
Le document de stratégie de coopération entre notre pays et l'UE et du programme indicatif couvrant la période 2003-2007 s'inscrit dans le cadre de l'accord de partenariat entre les membres du groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et la Communauté européenne. Il fixe les objectifs et les actions de coopération qui seront mises en œuvre au cours des prochaines années et pour lesquelles l'UE met à la disposition du Mali sous forme de don, un montant de 375 millions d'euros, soit un peu plus de 245 milliards de Fcfa.
Le but essentiel de cet accord est de réduire et à terme, d'éradiquer la pauvreté tout en favorisant le développement économique et social durable, l'insertion progressive dans l'économie mondiale de l'ensemble des pays ACP en général, et du Mali en particulier. La stratégie pour la période 2003-2007 comporte cinq principales composantes. L'appui au secteur du transport auquel sont consacrés près de 67 milliards de Fcfa, constitue un axe majeur du développement du pays, donc une priorité pour les autorités. La décentralisation et le soutien des reformes institutionnelles, l'appui macro-économique absorberont respectivement environ 46 et près de 65 milliards de Fcfa.
Outre ces grands secteurs de concentration, près de 18 milliards de F cfa seront alloués à la promotion de la culture malienne et au financement des actions promues par la société civile. Il s'agit ici d'une dimension nouvelle introduite par l'accord de Cotonou, qui veut placer l'individu, ses motivations, et son engagement au cœur de la construction d'une société malienne dynamique, solidaire et ouverte sur le monde. Enfin, une réserve financière portant sur près de 50 milliards, appelée : "enveloppe 8", sera destinée à couvrir des besoins imprévisibles comme l'aide d'urgence, les initiatives internationales d'allégement de la dette et les conséquences négatives de l'instabilité des recettes d'exportation.
Le caractère exceptionnel de ce montant qui place le Mali à la seconde place après l'Éthiopie parmi les 77 pays ACP signataires des accords de Cotonou, est une juste prise en compte des grandes difficultés auxquelles doit faire face notre pays, mais surtout de l'estime qu'il a su acquérir sur la scène internationale, par sa volonté de poursuivre, dans une démarche démocratique de plus en plus affirmée, un développement au service de l'homme, a expliqué Francesco G. di Sturmeck.
Il s'agit donc d'un challenge de taille qui engagera les deux parties bien au delà de ce qu'elles ont pu faire par le passé. "Nous serons jugés en fonction de notre performance et les ressources que nous n'aurons su bien utiliser pourront être allouées à d'autres… Car c'est le prix à payer pour tenter d'inverser de façon durable cette spirale de la pauvreté qui éteint les espoirs des hommes", dira le chef de la délégation de la Commission européenne.
Le ministre Lassana Traoré expliquera que le choix des secteurs prioritaires est justifié par la volonté du gouvernement du Mali de relever le défi de l'enclavement de notre pays au cœur de l'Afrique de l'Ouest et d'assurer aux populations la possibilité d'être les vrais acteurs du développement en participant à la prise de décision, les concernant. A cet effet, il a invité les services concernés à s'employer à permettre, entre autres, l'identification rapide des projets et programmes sur les principaux axes d'appui retenus au titre de l'enveloppe de base du programme indicatif, la programmation claire des activités à mener pour l'engagement rapide et total de l'enveloppe de base et le suivi rapproché de la mise en œuvre des activités programmées.

C. A. Dia

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