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Interconnexion IKATEL et SOTELMA: Pour quelles raisons le gouvernement Ag Hamani fait-il la pression sur la SOTELMA ?
(Info-Matin 17/03/2003)

Le Gouvernement Ag Hamani avait donné des instructions fermes à la SOTELMA de procéder à l’interconnexion avec le nouvel opérateur privé IKATEL Selon des sources proches du dossier, c’est le Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani qui serait intervenu en personne auprès de la Direction de la SOTELMA afin d’accéder à la demande d’interconnexion de IKATEL. Pour quelles raisons les autorités exercent-elles une telle pression sur la SOTELMA ?
Selon les mêmes sources, dès le début du contentieux entre la SOTELMA et IKATEL, le Gouvernement Ag Hamani a pris fait et cause pour ce dernier. Car, quelque part, c’est le Gouvernement Ag Hamani I qui a finalisé l’arsenal juridique ayant permis l’installation de IKATEL au Mali après l’octroi de la licence d’exploitation du réseau des télécommunications à l’opérateur public français, France Télécom. En fait, c’est France Télécom qui, en sa qualité de partenaire stratégique, demeure l’actionnaire principal du groupe IKATEL avec un total cumulé de 51% des actifs de la société, grâce au montage financier du dossier d’appel d’offres international et dont les péripéties ont été relatées dans notre parution du mercredi sous le titre “ Comment IKATEL a remporté le marché ? ”.

En vérité, le Gouvernement Ag Hamani I est allé plus loin que le Gouvernement précédent qui a adopté le décret No 01-46/P-RM du 26 septembre 2001 portant approbation du cahier des charges relatif aux conditions minimales pour l’exploitation des réseaux de télécommunication en mode GSM. Car c’est bel et bien le Gouvernement Ag Hamani I qui a pris le décret portant définition du cahier des charges se rapportant à la licence d’établissement et d’exploitation de réseaux et services de télécommunications télévisuelles, y compris le GSM.

En d’autres termes, IKATEL avait plutôt quitus pour faire principalement de la télévision et de façon subsidiaire le GSM. Aussi, le délai d’établissement de IKATEL au Mali pour le GSM a-t-il été prolongé de facto. Sinon IKATEL aurait été disqualifiée par les clauses commerciales qui lui imposaient un délai impératif d’établissement qu’elle aurait difficilement pu respecter à cause des problèmes financiers de France Télécom qui accumulait pertes sur pertes à la bourse des valeurs, précisément au moment où la licence lui est accordée par le Mali. Avec ce handicap “ imprévisible ? ”, IKATEL ne pouvait pas se donner le luxe financier d’investir au Mali à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de FCFA. Or IKATEL a plutôt remporté le marché du GSM en concurrence avec d’autres opérateurs privés dont Ivestcom Consortium Holding et MSI Cellulaire Investment.

En effet, c’est un secret de polichinelle d’affirmer que la SOTELMA refuse l’interconnexion avec IKATEL depuis l’installation effective de ce nouvel opérateur privé dans le secteur des télécommunications au Mali, il y a de cela presque un mois. Outre les conditions de l’octroi de la licence à IKATEL, la SOTELMA dénonce le comportement des autorités qui n’ont pas fait observer les règles de la saine concurrence en la matière. Notamment, l’opérateur public n’a pas été préparé techniquement à la concurrence par le biais d’un investissement subséquent, ni juridiquement à travers un nouveau statut lui permettant de faire jeu égal avec les opérateurs privés. En l’absence de ces mesures en aval et jugées par elle salvatrices, la SOTELAMA est comme contrainte par les autorités à se comporter en “ Jatigi faga jiri ”, c’est-à-dire se faire hara-kiri au profit de son concurrent de IKATEL.

D’autre part, la colère de MATITEL se fonde sur deux aspects jugés inacceptables à ses yeux. Non seulement IKATEL rechigne à se soumettre au Plan de numérotation nationale pour le système GSM, à savoir le numéro 6 comme chiffre de base ; mais aussi, IKATEL compte passer par le réseau de la SONATEL SA pour accéder à la communication internationale. Comble de désespoir technique, la SOTELMA ne dispose pas encore d’outil de taxation pour évaluer avec exactitude les communications passées au niveau de son réseau par IKATEL.

Toutefois, la SOTELMA s’était montrée flexible sur ces deux (2) points pour accepter l’interconnexion avec IKATEL, à condition que celle-ci, en retour, accepte d’adopter comme numéro de base le chiffe 6 et que les autorités respectent leur engagement de doter l’opérateur public d’un centre de calcul, dans un bref délai n’excédant pas quatre (4) mois...

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