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Privatisation de la CMDT: L’aventure suicidaire
(L'indicateur Renouveau 28/02/2008)

De la baisse considérable du niveau de la croissance économique du pays (au regard de son impact sur celle-ci) à l’accroissement du taux de pauvreté à travers le licenciement des ressources humaines compétentes et l’effondrement de la production (dramatique pour le million de producteurs) les conséquences de la privatisation de la Compagnie malienne de textile du Mali, CMDT, sont des plus dangereuses pour l’essor socio-économique de notre pays. En quoi la crainte des producteurs est-elle justifiée ? En quoi cette privatisation constitue-t-elle un suicide pour notre pays et les générations futures ? Pourquoi l’Etat doit il s’assumer ? Qu’est-ce qu’il faut en lieu et place d’une privatisation après les échecs cumulés des précédentes expériences ?

Lisez notre analyse.

Privatisation sauvage et suicidaire !

C’est en effet fort de ce constat d’échecs cumulés dans la production que les plus hautes autorités de notre pays ont décidé de s’inscrire depuis 2001 dans une dynamique de privatisation de la filière. L’objectif visé par une telle aventure, qui rentre dans sa dernière phase cette année, est de « limiter, selon le gouvernement (dont la part d’actions ne sera que 10%) les risques financiers pour le budget de l’Etat, améliorer la gestion et la rentabilité de la filière, pérenniser en favorisant l’entrée de professionnels dans le capital ». En clair, pour le gouvernement, cette privatisation constitue la seule issue vers la redynamisation du secteur coton. Mais selon toute vraisemblance et une analyse logique des risques à courir, il s’agit tout simplement d’une aventure suicidaire face à laquelle l’Etat doit prendre ses responsabilités et éviter les échecs des précédentes privatisations. L’on comprend alors aisément la colère et l’indignation des syndicats de producteurs qui craignent un scénario catastrophique. Le schéma de privatisation dont il s’agit prévoit que la CMDT sera un « holding » divisé en filiales : les succursales de Bougouni-Sikasso, Koutiala-San, Fana-OHVN, et Kita. De l’avis de plusieurs spécialistes de la question, ce schéma de la « CMDT holding » garde les achats, le commercial, le contrôle de la gestion, et les fonds générés par les filiales serviront à acquitter les créanciers de l’ex-CMDT. Ce qui fera dire à Maurice Adevah Poeuf (fin connaisseur de la filière en Afrique, et président de l’Agence française d’appui aux collectivités, AFAC), qu’avec la privatisation de la CMDT « le risque d’un big bang social est réel ». Pour le spécialiste français, qui animait à Bamako une conférence-débat sur la question en novembre dernier, la concrétisation du projet de privatisation de la filière cotonnière par le Mali constitue « une catastrophe certaine. »

Selon toute analyse logique, la mise à liquidation de la CMDT comporte des risques énormes, tant au plan technique, économique que social. De l’effondrement de la production au licenciement des ressources humaines compétentes, en passant par l’absence d’opérateur sérieux pour l’acquisition des filiales, et surtout des paysans dépourvus qui n’auront pas accès au crédit des intrants, les conséquences de la privatisation de la filière coton seront assez dramatiques pour l’essor socio-économique de notre pays. Et si le projet venait à se concrétiser, c’est notre or blanc qui se transformerait en plomb. En clair, s’il y a un échec, qui s’ajoutera malheureusement à la liste des précédents (comme les Chemins de fer, l’Energie du Mali, l’ITEMA, l’HUICOMA, etc.) c’est tout le Mali qui sera appauvri.

Avec un chiffre d’affaires de 200 milliards de nos francs, soit 20 à 25% du budget national, la filière coton fait nourrir au minimum 4 millions de personnes avec 1.200 employés à la CMDT. On imagine alors aisément la catastrophe que le Mali encourt avec le projet de mise à liquidation du secteur.

La privatisation ne peut constituer à chaque fois une excuse pour le gouvernement de notre pays pour justifier « le redressement » d’une entreprise ou société d’Etat. Il est vrai qu’avec un passif d’environ 100 milliards de francs CFA pour la CMDT, la résolution de la crise de notre coton relève d’un véritable parcours du combattant. Mais il est nécessaire pour le gouvernement de redresser la barre. Ce, dans le sens de la responsabilité de l’Etat et du souci de procéder à un assainissement complet de la gestion des ressources de la compagnie. Certains expliqueront cette descente aux enfers tout simplement par la baisse du prix du coton sur le marché mondial. Pour le cas malien, il n’y a pas que cela : il faut dénoncer l’irresponsabilité et le sens peu élevé de la bonne gestion des biens de l’Etat. Comment éviter à une entreprise d’accuser un déficit énorme, quand le prix bic (le simple bic tenez-vous bien) se chiffre à 1.500 francs CFA, selon des missions de contrôle crédibles? Comment redresser un secteur où le marché de l’approvisionnement en intrants agricoles est étouffé par la mafia tapise dans l’ombre et dont l’objectif n’est autre que de se faire les poches au détriment des paysans arnaqués à chaque campagne ? Difficile du moins de sortir la tête de l’eau. L’Etat qui ne peut s’assumer, comme dans bien des cas malheureusement, n’a d’autre choix que de cautionner le suicide. Bref, la CMDT a plus besoin d’une restructuration que d’une privatisation.

Issa Fakaba SISSOKO

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