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La compétitivité se dégrade, l'Office
du Niger a besoin d'aide
(L'Essor 22/02/2008)
Deux semaines durant, une mission du FMI a analysé la situation
économique et décelé ce qui freine la croissance
de notre système productif.
La situation économique de notre pays n'est pas très brillante
en ce moment. Le retard accusé dans l'installation des pluies,
les fluctuations constatées dans les échanges mondiaux et
la tenue des élections générales en 2007, sont à
l'origine de cette mauvaise passe. Ainsi, la compétitivité
des secteurs productifs qui soutiennent la croissance de l'économie
a pris un coup sérieux du fait de ces aléas, attestant encore
une fois de la vulnérabilité de notre outil de production
aux chocs extérieurs. Cette situation s'est traduite par une forte
pression sur les ressources du budget national, a confirmé mercredi,
au cours d'une conférence de presse, Philippe Beaugrand, le chef
d'une mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a séjourné
à Bamako du 7 au 20 février.
Deux semaines durant, ces experts en macro-économie ont analysé
la situation et décelé les failles qui tirent vers le bas
la croissance de notre système productif. Cet exercice biennal
est apparu nécessaire pour mettre sur les rails notre économie
dont l'état de santé met en danger l'objectif de 7% de croissance
fixé par les pouvoirs publics.
Les techniciens du Fonds ont eu des séances de travail avec les
ministères sectoriels, les banques, notamment la BCEAO, les partenaires
sociaux et les parlementaires, en particulier avec les membres de la commission
des Finances de l'Assemblée nationale. A chaque niveau, ces experts
ont interrogé les chiffres et ont tiré des informations
sur l'état de santé de nos finances.
La dégradation de la compétitivité de notre économie
se manifeste, selon Philippe Beaugrand et ses collègues, par des
situations favorisant l'importation des biens et services et réduisant
les incitations à la production locale. Autrement dit, le pouvoir
d'achat de notre pays a permis de soutenir la création d'emplois
dans d'autre pays au détriment de nos producteurs. Ils proposent,
par conséquent, l'arrêt des exonérations aux importations
afin de rééquilibrer la compétition entre les produits
importés et locaux.
Philippe Beaugrand a estimé à ce propos que les exonérations
accordées à un segment de l'économie permettent,
certes d'inonder le marché pour contenir la flambée des
prix, mais au détriment d'un autre secteur, qui ne pourra pas réaliser
de bénéfice. La méthode est donc susceptible de fausser
le jeu de la concurrence. D'autre part, si l'État percevait les
ressources auxquelles il renonce, celles-ci auraient pu être investies
dans d'autres secteurs, notamment sociaux.
La mission ne s'est pas limitée au seul diagnostic de la situation.
Elle a esquissé des pistes de solution parmi lesquelles la réorientation
des ressources de l'État vers l'Office du Niger. Les discussions
avec les responsables de l'Office ont, en effet, fait apparaître
un besoin crucial d'investissement dans une entreprise écrasée
par le poids des charges qui lui incombent, notamment l'entretien du réseau
de distribution de l'eau. Les redevances d'eau perçues ne sont
pas suffisantes pour couvrir les charges de fonctionnement de l'entreprise,
encore moins pour assurer l'entretien du réseau.
L'État doit donc se porter au secours de l'Office du Niger. Ce
géant risque de s'écrouler si rien n'est fait pour le sauver.
L'intervention de l'État ne serait-elle pas une sorte de remise
en question de l'approche de privatisation préconisée en
son temps justement par les institutions de Bretton Woods ? Non, répond
Philippe Beaugrand en expliquant que l'intervention de l'État ne
signifie pas forcement l'allocation de ressources publiques au soutien
de cette entreprise. L'État peut, en effet, aider à orienter
des investissements privés vers ce secteur qui constitue aujourd'hui
une priorité des pouvoirs publics.
A. O. DIALLO
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