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Recherche pétrolière: des indices qui
ne trompent pas
(L'Essor 26/02/2008)
La recherche pétrolière dans cette partie pays avance à
grand pas, sans tapage Les responsables du consortium de sociétés
qui explore le bassin de Taoudeni, sont très optimistes
Encore un peu de patience et l'on sera fixé sur la présence
ou non de pétrole dans le bassin de Taoudeni. La recherche pétrolière
dans cette partie pays avance à grand pas, sans tapage.
Les résultats des recherches dans le bassins n° 1, 2, 3, 4
et 9 sont très prometteurs. Le ministre de l'Énergie, des
Mines et de l'Eau, Ahmed Sow, qui s'est rendu la semaine dernière
sur le site de ces cinq blocs en a fait le constat.
C'est dans la commune rurale de Salem située à environ 300
kilomètres au sud de Taoudeni dans la Région de Tombouctou
que les recherches battent leur plein. Perdue dans l'immensité
du désert, Salem est pourtant la plus grande commune du pays avec
184 000 km2 pour une population estimée à 22 000 habitants.
La population composée d'Arabes et de Tamasheqs vit essentiellement
d'élevage, de commerce et d'artisanat. Comme on peut l'imaginer
aisément, ici il n'y a pas de végétation. Le relief
est dominé par les roches et le sable. Le climat est caractéristique
du désert avec des écarts de températures extrêmes.
Celles-ci peuvent atteindre 47° en période de chaleur et 8°
à certains moments de l'année.
300 EMPLOIES : La commune est très peu connue et si les habitants
sont encore pauvres, elle pourrait se positionner dans le années
à venir comme un grand pôle d'attraction. Déjà,
le paysage a changé avec l'installation de la base du consortium
de sociétés composé de ENI (Italie), de la Sonatrach
(Algérie) et de Baraka (Australie), qui explore les cinq blocs.
Plus d'une centaine de maisons préfabriquées bâties
sur des plates-formes mobiles sont installées. Les maisons sont
équipées d'eau, d'électricité, de ventilateurs,
offrant ainsi beaucoup de commodités aux travailleurs. Environ
300 personnes dont les 2/3 sont des Maliens travaillent sur le chantier.
C'est en 2003 que la société Baraka signait la première
convention de partage sur avec l'État. A travers cette convention,
la société australienne qui est à l'origine de la
découverte du pétrole en Mauritanie voisine, avait élaboré
un planning initial dans lequel elle avait décidé de mener
les recherche sur 700 km2 dans les cinq blocs. Selon ce programme, la
campagne sismique devait commencer par des études aéroportées.
Celles-ci devraient être suivies par l'installation des premiers
forages courant 2008. Mais en 2006, Baraka s'est allié à
deux autres entreprises que sont la société italienne ENI,
la 6è société mondiale de recherche pétrolière
et la Sonatrach l'entreprise publique algérienne qui occupe la
première place en Afrique dans le domaine. "Baraka ne s'est
pas retirée de la campagne sismique en cours. Il y a eu seulement
un changement d'approche. Aujourd'hui Eni détient 50 % des actions
du consortium, la Sonatrach 25 % et Baraka les autres 25 %", explique
les responsables du consortium.
LES PREMIERS FORAGES EN 2009 : Avec l'arrivée de ces deux géants
du pétrole, la superficie sur laquelle devait s'effectuer la recherche
a été largement revue à la hausse. Celle-ci grimpe
à 6000 km2 au lieu de 700 km2, comme prévu par le planning
initial. Par ailleurs le consortium table désormais sur 2009 pour
la réalisation des premiers forages.
En attendant, le travail sur l'ensemble des blocs consiste à effectuer
des sondages sismiques du terrain. A cet effet, le consortium a mobilisé
sur le site, du matériel performant et de dernière génération.
Plus d'une dizaine de vibrateurs sont en action. Ces machines sont utilisées
pour faire vibrer le sol jusqu'à 7000 m de profondeur. Les informations
fournies par ces vibrations sont recueillies par de petits appareils qui
sont ensuite transportés dans un laboratoire moderne installé
sur le site pour être interprétées. "C'est sont
des appareils de dernière génération utilisés
pour le sondage sismique. Ils envoient des ondes élastiques dans
le sol pour recueillir des informations sur la nature des couches géologiques.
Ces informations sont ensuite transmises pour être interprétées
dans un camion-laboratoire installé à quelques kilomètres
d'ici. Puis de ce laboratoire, les mêmes informations sont acheminées
à notre système informatique à la Base pour une évaluation
plus approfondie", explique Omar Lassal, le président directeur
général de l'Entreprise nationale algérienne de géophysique,
filiale de la Sonatrach. "C'est une étape importante de nos
recherches. Car c'est à travers elle que nous allons déterminer
les endroits qui doivent abriter les forages", poursuit le responsable
algérien.
Sur les 6000 km2, le consortium en a déjà prospecté
4000. "Nous avons prospecté les 4000 km avec des mailles réduites
de moins de 100 km. Nous allons davantage resserrer les mailles pour augmenter
les chances d'identifier les roches susceptibles de contenir le pétrole",
explique de son côté Fabio Cavanna, le directeur général
de Eni.
DÉJÀ DES RETOMBÉES CONCRÈTES : Le ministre
Ahmed Sow s'est rendu sur le site où les vibrateurs sont en action.
Il a constaté le démarrage effectif du sondage sismique
et a surtout été impressionné par la confiance des
responsables du consortium. "Nous sommes très optimistes sur
les résultats. Nous pensons qu'il doit y avoir quelque chose d'intéressant
dans cette zone. Elle partage les mêmes caractéristiques
géologiques que les sites pétrolifères de la Mauritanie
et de l'Algérie", confie Omar Lassal en précisant que
le consortium va injecter 35 millions de dollars, soit environ 17,5 milliards
de Fcfa dans la campagne sismique en cours.
Après la visite de terrain, le ministre a eu une rencontre avec
les responsables du consortium, l'Autorité pour la promotion de
la recherche pétrolière (Aurep) chargée du suivi
des opérations, et les représentants des autorités
politiques et administratives de la zone. Lors de cette rencontre, les
responsables du consortium ont une nouvelle fois fait part de leur espoir
de découvrir du pétrole, au regard des résultats
obtenus depuis le début des opération. "Nous nous gardons
des certitudes. Mais l'espoir est grandement permis", a dit Fabio
Cavanna.
Le maire de la commune de Salem, Mohamed Youssouf Ould El Béchir,
a salué des conditions dans lequel les recherches se déroulent.
"Les sécheresses des années 68, 73 et 85 ont durement
affecté les populations qui ont été contraintes à
l'exode. Nous demandons que les projets sociaux soient inclus dans la
campagne sismique", a souhaité le maire. Déjà
les retombées des recherches sont palpables. Outre les emplois
crées, le consortium a réalisé deux forages dans
cette zone où l'eau est une denrée très rare. Les
capacités de certains hôpitaux de la région, notamment
celui de Tombouctou, ont été renforcées.
Signalons que le ministre de l'Énergie, des Mines et de l'Eau était
accompagné pour la circonstance du gouverneur de la Région
de Tombouctou, le colonel Mamadou Togola, et d'une importante délégation
de l'Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière.
Envoyé spécial Be COULIBALY
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