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Recensement industriel : Un état des lieux edifiant
(L'Essor 21/02/2007)
Le parc industriel du pays compte actuellement 343 entreprises en activité
La fabrication domine - L'écrasante majorité des unités
industrielles s'adonnent à cette activité.
Les résultats du recensement industriel de 2006 ont été
validés et sont disponibles pour les utilisateurs.
D'ailleurs le lancement du rapport, un document volumineux de 100 pages,
aura lieu très prochainement. Ce recensement a été
réalisé du 1er janvier au 30 juin 2006 par la Cellule de
planification et de statistique du ministère de l'Industrie et
du Commerce en collaboration avec la direction nationale des industries
et l'appui technique de la direction nationale de la statistique et de
l'informatique. L'opération a été financée
par le budget national.
L'objectif de ce travail était de recenser les unités industrielles
sur toute l'étendue du territoire national, de contribuer à
la connaissance du secteur industriel et de fournir une gamme d'informations
statistiques aux utilisateurs en vue d'une meilleure prise de décision.
Le recensement permet également de mettre à la disposition
des utilisateurs potentiels des informations statistiques fiables et récentes
et d'évaluer à mi-parcours la mise en ouvre de la politique
d'industrialisation du pays élaborée en 2004.
Ses objectifs spécifiques consistent à actualiser la base
de données industrielles et le répertoire des entreprises
industrielles existantes au Mali ; à analyser l'évolution
des indicateurs dans le domaine industriel ; à identifier les principales
difficultés que rencontrent les entreprises industrielles afin
d'orienter le projet de restructuration et de mise à niveau des
entreprises industrielles, adopté par le conseil des ministres
en 2004. Entre autres, il a analysé les aspects environnementaux
liés aux entreprises.
L'enquête classe l'activité industrielle au Mali par activités.
Elles se résument en 3 activités au total : extractive,
fabrication (manufacture) et production et distribution d'électricité,
de gaz et d'eau. L'activité la plus répandue est la fabrication.
95,04 % des entreprises s'adonnent à la fabrication selon les données.
Dans ce lot, la fabrication de produits alimentaires et de boissons occupe
la première place (61,96%). Suivent l'édition, l'imprimerie
et la reproduction d'enregistrement (12,88%) ; la fabrication d'ouvrages
métaux et travail des métaux (6,75%) ; la fabrication de
produits chimiques (5,52%). Au total, ces quatre types d'activités
occupent 87,11% des entreprises de fabrication.
Plus de problèmes à Bamako et Sikasso. Le recensement a
déterminé les caractéristiques de nos entreprises.
Le parc industriel du Mali compte actuellement 343 entreprises en activité
dont plus du tiers sont des entreprises individuelles. La majorité
des entreprises maliennes est du régime privé qui totalise
94% de l'ensemble contre moins de 4% pour les mixtes et moins de 3% pour
les publics. A cela, il faut ajouter une concentration notoire des unités
à Bamako en 2006 (66,20 %) malgré une légère
baisse par rapport à 2003 (69,6 %). La région de Sikasso
(avec 11,37 %) vient de loin avant les autres régions. Les régions
du Nord sont les moins nanties en unités industrielles. De 2002
à mi 2006, les emplois permanents sont passés de 13.127
à 17.593 soit 4.466 emplois nets. Les emplois permanents féminins
représentent 7,3% en 2006 contre 8,8% en 2002.
Les entreprises dans l'exercice de leurs activités éprouvent
de nombreuses difficultés. Sur 343 unités observées,
il ressort que 309 soit 90,09% éprouvent des problèmes.
Les difficultés varient par région, par branche d'activités.
Les entreprises du district de Bamako et de la région de Sikasso
rencontrent beaucoup plus de difficultés que les autres régions.
Les problèmes évoqués sont : les coûts élevés
des facteurs de production (électricité, eau, téléphone),
des matières premières, la concurrence et la fraude, les
lourdeurs administratives.
Pour ce qui est de la taille en 2006 plus de 85% des entreprises industrielles
emploient moins de 50 personnes. Seulement 4% des entreprises emploienet
200 personnes ou plus. D'une manière générale, les
entreprises sont jeunes. Plus de 77% des entreprises ont moins de 15 ans.
Les entreprises de plus de 25 ans représentent moins de 10%.
2006, année record. Au total, 21.814 emplois sont dénombrés
en 2003, 23.499 en 2004, 28.693 en 2005 et 31.325 en 2006 avec respectivement
13.805, 14.431, 16.981 et 17.593 emplois permanents. Ces chiffres témoignent
d'une augmentation du nombre d'emplois d'une année à l'autre.
L'année 2006 est l'année record avec 17.593 emplois permanents
au premier semestre.
En termes d'investissements, environ 94% des entreprises ayant réalisé
des investissements sont manufacturières. Les industries manufacturières
avec 40% du montant total des investissements ont réalisé
les plus gros investissements en 2003. En 2004 et 2005, les activités
extractives ont réalisé plus de 62% des investissements.
L'investissement moyen par entreprise est supérieur à un
milliard de Fcfa dans les branches d'activités extractives et de
production et de distribution d'électricité de gaz et d'eau
durant la période 2003-2005. Autre constat : de 2003 à 2004,
les entreprises manufacturières sont celles qui contractent plus
de dettes. En 2005, ce sont les entreprises évoluant dans les activités
extractives qui se sont le plus endettées.
En ce qui concerne la contribution des industries au PIB, en 2003, elle
est estimée à 12% contre 11% en 2002, 2004 et 10% en 2005.
La part des industries manufacturières dans le PIB est passée
de 6% en 2002 à environ 3% de 2003 à 2005.
Le recensement a aussi révélé des problèmes
environnementaux préoccupants dans le secteur industriel. Ces problèmes
sont liés à un mode de gestion inadapté des déchets
industriels qui continuent de polluer l'eau du fleuve, l'air, et même
le sol, engendrant des risques graves pour la santé humaine, animale
et végétale. La loi relative aux pollutions et nuisances
visant l'amélioration de la gestion des déchets industriels
ne serait pas correctement appliquée.
Le recensement a recommandé une mise à jour annuelle du
nombre et de la taille des entreprises en dehors des recensements en tant
que tels. Il a aussi préconisé l'encouragement de l'investissement
privé à travers la création de zones industrielles
aménagées et équipées d'outils de traitement
de déchets industriels tels que les stations d'épuration
des eaux usées. Les enquêteurs ont proposé la mise
en place d'un mécanisme efficace de suivi et d'évaluation
des questions environnementales du secteur industriel et l'application
de la loi n° 01-020 du 30 mai 2001 relative aux pollutions et nuisances.
Tarif préférentiel d'électricité. Le recensement
a recommandé la facilitation de l'accès au financement.
Entre autres, il a proposé la mise en oeuvre d'un tarif préférentiel
d'électricité plus soutenable pour les industries et d'assouplissement
des lourdeurs administratives. En ce qui concerne les recommandations
spécifiques, il préconise une analyse approfondie des données
du présent recensement industriel et la réalisation de recensement
industriel tous les quatre ans.
L'industrialisation souhaitée au Mali tarde à décoller.
Bien que le gouvernement ait exprimé sa ferme volonté de
faire du secteur privé le moteur de la croissance de l'économie,
le cadre des affaires se caractérise dans notre pays par l'insuffisance
au niveau de l'administration publique d'une véritable culture
de développement du secteur industriel ; le mauvais état
ou l'insuffisance d'infrastructures de base ; l'étroitesse et les
difficultés d'accès au marché ; le coût élevé
des facteurs de production.
Afin de changer qualitativement cette situation, le gouvernement a décidé
de mettre en oeuvre une industrialisation rapide et soutenue sur la base
de productions agro-sylvo-pastorales. Dans ce cadre, un document de politique
d'industrialisation a été élaboré par le ministère
de l'Industrie et du Commerce. Cette politique vise un développement
industriel ordonné, rapide et durable permettant de créer
6000 emplois industriels et de faire passer la part du secteur manufacturier
de 6% à 10% dans le PIB de 2004 à 2007.
F. MAIGA
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