|
Recherche annuaire: |
|
|
Oxfam exige des comptes clairs sur lor malien Lor a surpassé le coton en tant que principal produit dexportation du Mali, mais la transparence fait défaut dans la publication des revenus miniers. Oxfam/USA se propose dorganiser aujourdhui une conférence de presse pour prendre à témoin lopinion sur la non transparence de la gestion des revenus tirés de lor. Au niveau mondial, une campagne est lancée dans ce sens, avec pour slogan : « Publiez ce que vous payez ». « Les exportations dor au Mali ont plus que triplé au cours de la dernière décennie et pourtant les citoyens nont tiré que dinfimes avantages des revenus miniers », rapporte lorganisation internationale de secours et daide au développement Oxfam America dans son dernier rapport. Le lancement de ce rapport aura lieu aujourdhui au cours dun atelier de deux jours quorganisent Oxfam et la Fondation pour le développement du Sahel, sur les questions de transparence des revenus miniers. Latelier est conduit en collaboration avec la campagne mondiale : « Publiez ce que vous payez ». Pour Mamadou Bitèye, directeur régional dOxfam/America, « lor est devenu la pierre angulaire de léconomie malienne ». Dès lors, « les compagnies minières doivent être transparentes et démontrer aux citoyens comment ils bénéficieront réellement de ce boom ». Le Mali est actuellement le 3e plus grand exportateur dor en Afrique, derrière les plus grands exportateurs mondiaux que sont lAfrique du Sud et le Ghana. « Les exportations dor du Mali ont plus que triplé entre 1996 et 2002, passant de 18 % à 65,4 % », déclare Keith Slack, conseiller politique principal dOxfam/America dans un communiqué qui nous est parvenu. « Pourtant, le Mali demeure en queue de peloton dans lIndice de développement humain des Nations unies, en se plaçant au 175e rang sur 177 pays en 2006 ». Les lois et règlements qui constituent le code minier du Mali ont créé un ensemble complexe de taxes, droits et redevances qui sont effectivement incompréhensibles pour ceux qui nont pas une formation technique. Le faible taux dalphabétisation, la faiblesse des infrastructures physiques et les moyens de communication électronique inappropriés font quil est presque impossible aux citoyens davoir des informations complètes et claires sur les revenus et sur la manière dont ils sont dépensés afin den faire bénéficier le public. « 80 % des Maliens continuent à vivre en dessous du seuil de pauvreté », déclare Tiémoko Sangaré, secrétaire exécutif de la Fondation pour le développement du Sahel qui est un partenaire dOxfam/America. « Pourtant, lor est passé de 2,9 % du produit intérieur brut du pays en 2002, à 12,7 % en 2004. Où vont les profits ? ». Une nébuleuse Dans son dernier rapport, Oxfam/America formule plusieurs recommandations pour accroître la transparence dans le secteur de lexploitation aurifère au Mali. Les recommandations qui visent des entités comme la Banque mondiale et le gouvernement du Mali comprennent les points suivants : - Les projets financés par la Banque mondiale doivent exiger la publication régulière des données concernant les revenus perçus et dépensés. De plus, la Banque mondiale doit impliquer la société civile et les organisations non gouvernementales dans le processus de révision du code minier malien quelle a entamé en 2005. - Le code minier en vigueur au Mali devrait exiger du gouvernement de même que des compagnies minières quils publient les flux de bénéfices. Les dispositions pour ce processus devraient être rendues publiques afin de donner aux citoyens loccasion de participer au processus de prise de décision et de pouvoir tenir les compagnies minières ainsi que les autorités élues pour responsables de la répartition et de lutilisation appropriées des revenus miniers. - Le gouvernement du Mali devrait simplifier la publication de ses rapports dinformation sur les revenus fiscaux perçus de lexploitation minière et la distribution de ces revenus. - Le gouvernement du Mali devrait engager la société civile dans la mise en uvre de lInitiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). La campagne « Publiez ce que vous payez » vise à aider les citoyens des pays pauvres, mais qui sont riches en ressources à tenir leurs gouvernants pour responsables de la gestion des revenus tirés du pétrole, du gaz et des industries minières. La coalition « Publiez ce que vous payez », forte de 300 ONG, lance un appel pour la publication obligatoire des paiements effectués par les sociétés pétrolières, de gaz et les compagnies minières, à lensemble des gouvernements pour lextraction des ressources naturelles. Alexis Kalambry © Copyright Les Echos Archives |