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Agriculture : introduction des OGM: la controverse
prend pied dans notre pays (L'Essor 13/02/2004) Après l'Europe
et d'autres parties de notre continent, l'Afrique de l'ouest est confrontée
à la controverse sur l'introduction des cultures génétiquement
modifiées, ces fameux OGM qui arrivent à grands pas par le biais
du coton transgénique. Un rapport produit par l'organisation non gouvernementale
GRAIN établit que 3 multinationales (Monsanto, Syngenta et Dow agro sciences)
soutenues par l'USAID ont élaboré des plans destinés à
remplacer dans les cinq prochaines années, le coton traditionnellement
cultivé en Afrique occidentale par des variétés transgéniques. Le
débat sur les OGM qui agite les pays développés, s'impose
donc maintenant à nous. Le Centre Djoliba l'a bien perçu qui a organisé
samedi une conférence-débat sur le thème : "les enjeux
des organismes génétiquement modifiés et la société
civile". Les exposés des conférenciers ont reflété
la controverse sur le sujet et confirmé le nombre élevé de
questions encore sans réponse. La représentante de l'ONG ASDAF
Galé, Mme Assétou Kanouté, a expliqué que depuis 1990,
la production alimentaire mondiale est lâchée par la croissance de
la population. Pour nourrir la population mondiale, les géants de l'agrobusiness
se trouvait face à une alternative : soit cultiver plus, en faisant de
l'agriculture extensive, soit accroître les rendements en intensifiant la
productivité à travers de nouvelles techniques. Coûts et difficultés
les ont convaincus d'écarter la première solution au profit du génie
génétique. Siaka Dembélé, chercheur à l'Institut
d'économie rurale, confirmera que les OGM illustrent les progrès
importants effectués en biologie et en génétique. L'enthousiasme
suscité par ses avancées est cependant contrebalancé par
des incertitudes liées aux risques que pourraient faire courir les OGM
sur la santé, l'environnement, l'économie et les systèmes
de production. Le représentant de l'association des organisations professionnelles
paysannes, Ibrahim Coulibaly, s'inquiète lui aussi et exige qu'aucune prise
de décision ne se fasse sans consultation préalable des paysans.
La prudence est, en effet, de mise si on en croit le délégué
de la Confédération paysanne de la France, Bernard Coquelle, qui
a assimilé l'introduction des OGM dans son pays à une tentative
de prendre possession du vivant. "Notre avance est devenue un retard, car
on a perdu 80 à 95 % de nos variétés locales", expliquera
Bernard Coquelle. S. DOUMBIA © Copyright L'Essor Nouvelles
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