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Le président Carter à Koulouba
: une vision partagée du développement (L'Essor 09/02/2004)
Amadou Toumani Touré et Jimmy Carter s'accordent sur les grandes
priorités de notre pays et sur le besoin de promouvoir la transformation
du coton. "Inciter les investissements dans tous les secteurs de développement
susceptibles d'améliorer les conditions de vie et le pouvoir d'achat de
nos populations" : ce souci a prévalu jeudi dans le long entretien
entre le chef de l'État Amadou Toumani Touré et l'ancien président
des États-Unis, Jimmy Carter, en visite au Mali dans le cadre de l'initiative
de développement mondial de son centre. Le centre Carter désire
recenser avec les pouvoirs publics maliens les priorités ou les urgences
qui s'imposent à notre pays afin de les plaider auprès des partenaires
au développement. A ce propos, Amadou Toumani Touré a exposé
une vision globale du développement de notre pays axée en priorité
sur l'agriculture, l'économie et la santé. Le Mali est le premier
pays producteur de coton en Afrique, pourtant ce produit ne génère
pas d'emplois pour les jeunes, car 99% de notre production cotonnière est
exportée vers l'étranger. ATT a donc souhaité le soutien
du centre Carter pour consolider nos capacités en matière de transformation
de ce produit sur place. "Nous sommes le premier pays producteur de coton
en Afrique (plus 600.000 tonnes). Nous allons dans quelques jours inaugurer une
usine de filature mais ce n'est pas suffisant. Nous voulons plus, au moins une
cinquantaine d'unités industrielles" a expliqué le chef de
l'État. Sur la question, Jimmy Carter a confirmé sa détermination
à accompagner notre pays vers cet objectif de développement. "Chez
nous, aux États-Unis, les usines de transformation du coton sont délocalisées
et nous n'aurons aucune difficulté à vous appuyer. Nous pouvons
vous envoyer des experts qui viendront faire les études de faisabilité"
a promis notre hôte Rappelons que le secteur du coton se ressent gravement
dans nombre de pays africains, des subventions qu'accordent des pays riches à
leurs cotonculteurs. Au cours de leurs échanges, les deux personnalités
ont également évoqué la lutte contre la dracunculose ou ver
de Guinée. Les pouvoirs publics, en collaboration avec le centre Carter,
ont accomplis de gros efforts pour éradiquer ce fléau. Le Togo qui
était à 57% de taux de réduction de cette maladie en 2003
est cité en modèle de réussite par l'ancien président
des États-Unis. Notre pays a initié de nombreuses actions qui ont
aussi débouché sur des résultats encourageants même
si des insuffisances ont été constatées dans les régions
de Gao et Tombouctou. Le président Touré qui a longtemps dirigé
le combat contre le ver de Guinée a donné rendez-vous à son
hôte pour l'année prochaine. Le succès sera au rendez-vous. La
promotion des investissements privés étant une priorité de
notre politique de développement, les pouvoirs publics ont pris des initiatives
pour faciliter les procédures administratives, sécuriser et assainir
l'environnement juridique afin d'inciter les partenaires à investir chez
nous. Le cas des sociétés minières illustre parfaitement
cette volonté politique d'aller vers le développement et la promotion
du secteur privé. Toutes les sociétés produisant de l'or
sur notre territoire sont étrangères et possèdent 80% du
capital donc des bénéfices contre 20% pour l'État malien,
propriétaire des terres. Nous avons accepté cette répartition
qui fait aujourd'hui de nous, le troisième producteur d'or en Afrique derrière
l'Afrique du Sud et le Ghana, a relevé le président Touré. Amadou
Toumani et Jimmy Carter projettent d'élaborer un document sur la Mission
de développement et de coopération. Cette structure sera un service
créé par le gouvernement afin de consolider nos capacités
institutionnelles à piloter et à coordonner efficacement notre développement. Cette
ambition impose une réforme de l'administration, la bonne gouvernance et
la transparence par le renforcement de l'accès à l'information publique,
l'identification et la consolidation des politiques prioritaires de réduction
de la pauvreté et la satisfaction des besoins en ressources. Pour atteindre
cet objectif, le Mali déploie divers atouts, notamment la volonté
politique et des réformes déjà en cours pour ajuster l'économie
et stimuler la croissance. La démocratie apaisée et la reconnaissance
de l'urgence d'améliorer l'utilisation de l'aide figurent aussi parmi les
atouts. B. DOUMBIA © Copyright L'Essor
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