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Matières premières oléagineuses: la diversification
s'impose
(LEssor 30/01/2008)
Le Mali compte environ une centaine dunités de production
dhuile. Elles utilisent, toutes comme matières premières,
les graines de coton.
La solution est connue. Avec les incertitudes qui planent sur le développement
de la filière coton, la diversification des matières premières
oléagineuses devient une priorité. Et selon les prévisions,
la situation du marché local pourrait être préoccupante
au cours de la campagne 2007/2008. Cette difficulté découle
du déficit en graines de coton. Même avec lhypothèse
que toutes les huileries soient en mesure de fabriquer des huiles de qualité,
elles ne pourront pas toutes fonctionner à cause de la faiblesse
du stock de matières premières oléagineuses, souligne
le Directeur national de lindustrie, Adama Konaté.
Le Mali importe pour plus de 8 milliards de F CFA dhuiles alimentaires
et produits dérivés par an. Il est donc nécessaire
de promouvoir dautres plantes oléifères. Les recherches
ont montré que lutilisation du sésame, du soja et
du tournesol pour la production dhuile alimentaire présente
beaucoup davantages par rapport aux graines de coton. Ils sont comestibles.
Ils donnent des huiles directement consommables pour lalimentation
contrairement aux graines de coton. Celles-ci nécessitent un long
processus de traitement pour la fabrication dhuiles raffinées.
La diversification est obligatoire. La situation du marché internationale
de lhuile nest guère reluisante du fait de la diminution
des stocks et la hausse des prix.
En Afrique et plus particulièrement dans notre sous région,
il existe des plantes oléifères comme larachide, le
cocotier, le karité, le palmier à huile, le sésame,
le soja et le tournesol. Larachide et le karité sont bien
connus au Mali. Ils ont déjà fait lobjet de vulgarisation.
Dans la situation actuelle, le sésame, le tournesol et le soja
méritent une attention particulière. Ils sont actuellement
en expérimentation à l'Office du Niger et dans la région
de Sikasso. La filière des plantes oléifères présente
des opportunités pour nos opérateurs économiques
Le sésame fait lobjet dune culture importante en Asie.
Cest une plante annuelle des pays tropicaux et subtropicaux. Son
cycle végétatif est court et oscille entre 40 et 70 jours
suivant les variétés. Une pluviométrie de 200 à
600 mm est suffisante pour ce cycle végétatif. Son rendement
huile/graine avoisine 50%.
Les exigences écologiques du soja sont voisines de celles du maïs.
Cette oléagineuse résiste bien à la sécheresse.
La durée du cycle végétatif varie de 70 à
75 jours. Le soja, cultivé surtout pour ses graines, est une légumineuse
remarquable par sa grande richesse en azote, en matières grasses
et en matières minérales. Lhuile de soja occupe le
premier rang mondial parmi toutes les huiles dorigine végétale.
Elle sert à préparer des margarines, des graisses végétales,
de lhuile de table, de vernis, des peintures, des savons, de la
glycérine. Les tourteaux, les résidus dhuilerie, sont
très utilisés dans lalimentation du bétail.
Dans la pratique on extrait 15 à 20% dhuile à partir
des graines.
Quant au tournesol, il a besoin dun climat chaud. Il est moins exigeant
en eau que le maïs et plus exigeant que le sorgho. Il lui faut 500
à 600 mm de pluies environ. Il résiste bien à la
sécheresse et craint les excès dhumidité. Cette
plante annuelle présente un cycle de 120 à 150 jours. Les
graines de tournesol servent essentiellement à lextraction
de lhuile. Elles contiennent 22 à 50% dhuile. La production
dhuile de tournesol vient au deuxième rang dans le monde
après celle du soja et avant celle de larachide et du coton.
Lhuile de tournesol est excellente. Elle sert comme huile de table,
au même titre que lhuile darachide ou dolive.
Elle est même considérée comme un produit diététique.
Elle est préconisée, à ce titre, pour ses propriétés
anti-cholestérol. Cette huile est également utilisée
dans diverses industries alimentaires, la fabrication des savons, des
vernis, des peintures de tourteau.
Trois défis majeurs se posent aujourdhui à la filière
des oléagineux dans notre pays, précise Adama Konaté.
Le premier préalable est la restructuration et la mise à
niveau des huileries ne disposant pas déquipements adéquats.
Ensuite il faut former les exploitants des huileries aux bonnes pratiques
dhygiène et aux bonnes pratiques de fabrication. Mais le
tout repose sur la diversification des matières premières
oléagineuses.
L'ensemble de ces défis sont pris en compte à travers la
mise en uvre du Programme national de restructuration et la mise
à niveau des entreprises industrielles. Le travail se fait en synergie
avec le Programme de lUEMOA de restructuration et de mise à
niveau de lindustrie.
Le Programme Qualité UEMOA phase 2 intensifiera ses activités
sur le plan national à travers lorganisation de séminaires
et ateliers. Il oeuvrera au renforcement des capacités, à
la formation et au perfectionnement des ressources humaines. Ce travail
de qualification concerne le domaine de lapplication des normes,
de lassistance aux laboratoires danalyses et aux structures
dinspection.
La diversification de la production de tournesol est déjà
effective dans la région de Sikasso. Des essais sont en cours dans
la zone de lOffice du Niger. Cette recherche dalternative
est un processus à encourager.
Fatoumata MAIGA
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