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Crise boursière : La nervosité s'estompe
(L’Essor 30/01/2008)

La relance est ressentie sur les autres places boursières en Europe et en Asie.
Les places boursières se calment après les soubresauts de l'annonce dune récession américaine.

Le marché financier mondial semble se ressaisir. Les économies faibles des pays africains obtiennent un sursis. Il ressort des informations recueillies sur les principales places boursières que la crise s'achemine vers sa fin. Depuis lundi, Wall Street, le leader mondial du marché financier, a donné le ton. Elle a rebondi grâce à l'anticipation d'une nouvelle baisse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale des États-Unis. A l'issue d'une séance volatile, la Bourse de New York a terminé nettement dans le vert : le Dow Jones a gagné 1,45%, le Nasdaq 1,02% et le SP 500 a pris 1,75%. "Il y a des achats réalisés en prévision de la décision de la Réserve Fédérale", a indiqué Mace Blicksilver, analyste de Marblehead Asset Management.
La relance est ressentie sur les autres places boursières en Europe et en Asie. Elles ont timidement réagi aux signaux de Wall Street. La Bourse de Paris a ouvert en hausse hier. L'indice CAC 40 a gagné 0,93% soit 4.893,38 points, contre 0,61% soit 4.848,30 points la veille. Les Bourses asiatiques sont reparties prudemment à la hausse hier, après le rebond de Wall Street. Les investisseurs continuent à anticiper une nouvelle baisse des taux d'intérêt aux États-Unis. A Tokyo, deuxième place financière mondiale, l'indice Nikkei a terminé la séance en forte hausse de 2,99%, après une lourde chute de 3,97% la veille.
A la mi-séance, l'indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong gagnait 2,26%, après une chute de plus de 4%, lundi en clôture. En Malaisie, Kuala Lumpur a gagné 0,35%, Jakarta 1,48% et Bangkok 1,49%. En clôture, l'indice Kospi de la Bourse de Séoul s'est apprécié de 0,66%. Manille a progressé de 0,65% et Taïpeh de 1,21%. La Bourse de Nouvelle-Zélande s'est en revanche repliée de 0,17% et à Sydney en Australie, où le marché était fermé lundi lors de la dégringolade généralisée des marchés asiatiques, l'indice S&P/ASX200 a baissé à retardement de 2,45%.
L'indice composite de Shanghaï était en faible hausse de 0,19%. Il avait terminé, lundi, sur un spectaculaire plongeon de 7,19%. Aux incertitudes économiques mondiales s'ajoutent les intempéries qui perturbent actuellement les transports et l'approvisionnement électrique en Chine. Au même moment, l'indice Sensex de Bombay s'affichait en petite progression de 0,31% et le Straits Times de Singapour prenait 0,57%.
"Au vu des pertes géantes du lundi, le rebond n'apparaît pas très fort. Les investisseurs trouvent peu de raisons d'acheter des actions aux prix actuels", a commenté Fumiyuki Nakanishi, stratège chez SMBC Friend Securities. Partout dans le monde, les investisseurs parient sur une nouvelle baisse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed). Elle avait déjà, en urgence, amputé son taux directeur de trois quarts de point la semaine dernière, jusqu'à 3,50%. La plupart des observateurs prédisent une nouvelle baisse d'un quart de point supplémentaire. "L'abaissement des taux sera d'un grand soutien psychologique pour le marché. Il aidera à atténuer les craintes de récession aux États-Unis", a prédit Peter Lai, directeur chez DBS Vickers à Hong Kong.
En Asie, beaucoup d'investisseurs attendent également de voir quelle sera la réaction des marchés américains au discours sur l'état de l'Union prononcé, lundi, par le président américain George W. Bush. "Les investisseurs observent attentivement, et se demandent si le gouvernement américain prendra des mesures de suivi pour régler le problème du subprime", les crédits immobiliers à risques à l'origine de la crise financière actuelle, a indiqué Tsuyoshi Segawa, stratège chez Shinko Securities à Tokyo. Le rebond de Wall Street avait déjà permis, lundi, aux bourses européennes de limiter leurs pertes. Mais la majorité des places avait néanmoins terminé dans le rouge, les investisseurs peinant à trouver des raisons d'acheter dans un contexte économique particulièrement déprimé.
Dans la sous-région ouest africaine, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières d'Abidjan (BRVM) a clôturé sa séance de cotation du lundi en baisse par rapport à la séance précédente, selon un communiqué publié, le même jour, par l'institution de l'Uemoa. L'indice BRVM Composite est passé de 211,81 à 211,45 points ; soit un repli de 0,17%. L'indice BRVM 10, pour sa part, a cédé 0,19% à 239,94 points contre 240,40 précédemment. La valeur des transactions s'établit à 121,34 millions F CFA contre 142,45 millions F CFA réalisés le vendredi dernier.
La négociation a porté sur 11 sociétés pour un total de 38 inscrites sur le marché des actions. Le nombre de titres échangés s'est élevé à 103 798. Et, 13 Société de Gestion et d'Intermédiation (SGI) dont 6 hors Côte d'Ivoire ont participé au marché sur les 20 agréées. La capitalisation boursière du marché des actions s'est chiffrée à 3 950 236 339 000 F CFA. Celle du marché obligataire s'élève à 573 289 911 440 F CFA. Sur le marché obligataire, 380 obligations ont été échangées pour une valeur totale de F CFA 3,8 millions, coupons courus non compris.
Les séances de cotation se sont poursuivies hier.
La baisse de la cotation à la BRVM, n'a rien de commun avec les réalités des places boursières américaines, européennes encore moins asiatiques, a expliqué le représentant de l'institution sous -régionale dans notre pays, Dieri Baucoum. Le volumes des échanges commerciaux entre notre continent et le reste du monde est si marginal que difficilement l'on puisse établir de passerelle entre les deux phénomènes. "Mathématiquement il n'y a pas de rapport de corrélation entre nos deux marchés financiers" a ajouté Makan Macalou, directeur par intérim de la SGI-Mali.
Il a expliqué que les places boursières américaines, européennes et asiatiques sont interconnectées, parce que ce sont les mêmes entreprises (les multinationales) qui opèrent sur ces différents marchés financiers, qui sont organisés de telle manière que ces entreprises peuvent être cotées sur chacune de ces places boursières. Ce qu'on appelle dans le jargon financier la multiple cotation. L'avantage est de permettre à ces entreprises d'accéder facilement à la liquidité et à tout moment, en vendant des titres à la bourse. Notre continent participe moins à ce flux. La plupart des entreprises (les multinationales) opérant dans nos pays sont cotées ailleurs.
Donc a priori, il n'y a pas de relation de cause à effet entre notre économie et la situation actuelle, encore moins une conséquence directe sur notre pays. Cependant nous pouvons être concernés autrement. Le Mali à l'instar des autres pays du continent entretient des relations partenariales avec les anciennes métropoles. Notre monnaie, "le Franc FCFA", est adossée à l'Euro, qui a le vent en poupe en ce moment. Tandis que le Dollar chute. La fluctuation des taux de change entre l'Euro et le Dollar peut affectée la stabilité de notre CFA, a expliqué Dieri Baucoum, qui espère une normalisation rapide de la crise.
Un autre aspect, non moins important, est la connexion entre les marchés des pays émergents (la Chine, l'Inde et le Brésil) et celui des États -Unis, qui constitue le principal débouché pour les produits manufacturés des pays émergents. L'essentiel des produits chinois sont vendus aux Etats-Unis, selon les spécialistes du commerce mondial. Or avec la crise du subprime, la consommation des ménages aux Etats -Unis a baissé, ce qui a influé sur le volume des exportations chinoises. La productivité chinoise en prend un sérieux coup.

La baisse actuelle des cours du pétrole en est une explication. Cependant autant le marché américain constitue un El dorado pour les industriels chinois, autant celui de la Chine l'est pour notre coton. La Chine étant notre principal client, les spécialistes de la question espèrent un rapide retour à la normale au bénéfice de l'économie mondiale.

A O Diallo

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