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Non à la privatisation de la CMDT: Les paysans de Kita disent
non ! La privatisation de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) est devenue un sujet de préoccupation nationale et une actualité brûlante avec des critiques qui fusent de toutes parts. Face au bradage dun pilier de notre économie, les paysans de Kita, à linstar de milliers dautres, ont tenu à prévenir les autorités de léchec cuisant de la « vente ». Même si leur vu nest pas pris en compte, ils se soulageront davoir prédit le scénario catastrophique. Dans un entretien quelle nous a accordé, il y a seulement quelques jours, Mme Touré Alima Traoré, lex-PDG de la Société nationale des tabacs et allumettes du Mali (Sonatam), une société étatique privatisée, pense que les privatisations ont échoué dans ce pays parce que les partenaires sociaux et les principaux acteurs ne sont pas le plus souvent associés au processus. Véritables acteurs de la culture du coton au Mali, les paysans continuent dexprimer leurs profondes inquiétudes par rapport au bradage de la CMDT. Cette fois-ci, ce sont ceux de Kita qui récusent la privatisation de la filière coton. A travers des journées de réflexion sous la houlette du Syndicat des paysans du cercle de Kita (SPCK), ils sont parvenus à la conclusion que la privation ne fera aucun bien à la filière. « Si nous privatisons la CMDT, ce sera la honte et la destruction pure et simple dune de nos potentialités grâce à laquelle nous avons excellé et servi de référence », soutiennent-ils. Pour les paysans de Kita, cette situation ne serait que de « la poudre dans nos yeux car nous ne sommes point impliqués dans lévolution du processus ». Dans ce contexte, ils pensent que les préalables qui doivent avoir lieu avant la privatisation sont ignorés. Naufrage et flou Dabord, ils pensent que les paysans doivent être formés et imprégnés des nouvelles donnes pour quils puissent sen sortir après la vente de la filière. « Nous nous dirigeons vers la partie saignante de lapplication du chronogramme de la privatisation alors que nous ne savons pas encore les principes auxquels nous devons nous plier pour ne pas mourir même si ceux-ci doivent être définis par nous-mêmes et non sur notre dos », déplorent-ils. Ils refusent le « diktat » qui ne fera quaccroître leur misère et enterrer leur « infime espoir » en lavenir. Les paysans de la Capitale de lArachide ont également exprimé leur désarroi par rapport à la future relation, déjà jugée « aléatoire », avec le nouveau repreneur de leur filière en cas de bradage. Lépineuse question des intrants nest pas elle aussi rassurante, selon les paysans de Kita. « Nous nous demandons comment est-ce que nous pourrons nous en sortir avec une politique de fourniture dintrants qui sera certainement incompatible avec nos vux », prédisent-ils. Quen sera-t-il de la commercialisation du coton, des appels doffres à lancer ? Voilà dautres questions quils se posent sans parvenir à une « réponse claire avec la privatisation ». Cest pour toutes ces raisons que les paysans de Kita demandent aux autorités d « annuler » la privatisation de la filière coton, car lavenir des paysans en général et du Mali nest pas garanti avec le processus en cours. « Nous demandons à nos dirigeants dannuler le démantèlement de la filière coton grâce à laquelle nous devons beaucoup, et le bout du tunnel ne se présentera pas avec le plan de marchandage prévu ». Ogopémo Ouologuem (stagiaire) © Copyright Les Echos Archives |
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