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Parc industriel malien - La décadence
(Les Echos 24/01/2008)

Sur les 406 entreprises industrielles recensées sur l'ensemble du territoire, 44 ont mis les clés sous le paillasson, 18 sont à l'arrêt et une liquidée en 2006. Tel est le résultat d'un recensement effectué par le ministère de l'Industrie et du Commerce.

Premier constat de ce recensement général : les entreprises maliennes vont de mal en pis. Au lieu de s'accroître, le parc industriel se rétrécit d'année en année avec, en moyenne, une trentaine d'entreprises qui dépose les bilans. En 2006, ce sont 44 entreprises qui ont été fermées, 18 ayant cessé de fonctionner et une liquidée. Conséquence de cette décadence : de 13 127 emplois permanents en 2002, l'on est passé à la mi 2006 à seulement 4 466 emplois.

Du coup, la valeur ajoutée a ressenti un coup. De 303 milliards de F CFA de valeur ajoutée en 2003, les unités industrielles n'ont réalisé en 2004 que 283 milliards de F CFA et 301 milliards en 2005. La part du secteur industriel dans le produit intérieur brut calculé au prix du marché est de 12 %, 11 %, et 10 % respectivement en 2003, 2004 et 2005. Par contre, le chiffre d'affaires réalisé par les entreprises industrielles a évolué, il est d'environ 756 milliards de F CFA en 2003, 789 milliards en 2004 et 897 milliards en 2005.

Deuxième constat : les plus fortes concentrations industrielles se trouvent dans les activités de fabrication, 95 %, notamment dans de la fabrication des produits alimentaires 62 % et la branche Edition, Imprimerie et reproduction 13 %.

Un parc industriel « faible »

Ce qui prouve, selon les analyses d'un macro-économiste, que l'industrie malienne n'a pas encore atteint le degré de « soutenabilité » de l'économie du pays, en d'autres termes, le Mali ne peut pas encore compter sur ses industries pour bâtir un développement économique.

Troisième constat : la plupart des entreprises industrielles sont installées dans le district, soit un pourcentage de 7 entreprises sur 10. Et 83 % des actionnaires personnes physiques des entreprises industrielles sont des nationaux. Les emplois permanents féminins représentent seulement 7 % en 2006 contre 9 % en 2002.

Toutes ces entreprises ont en commun des difficultés qui sont, dans la plupart des cas, à l'origine de leur faillite. Il s'agit du coût élevé de l'électricité, des matières premières, la fraude et la concurrence déloyale ainsi que la lourdeur administrative.

Pour lever ces obstacles et rendre performantes et compétitives nos entreprises, les enquêteurs ont élaboré des recommandations. Au nombre de celles-ci, l'accès des entreprises au financement, un tarif préférentiel d'électricité plus soutenable pour les industries, l'assouplissement de la lourdeur administrative, la création de zones industrielles aménagées et équipées d'outils de traitement de déchets industriels, la mise en place d'un mécanisme efficace de suivi et d'évaluation des questions environnementales du secteur industriel etc.

Sidiki Y. Dembélé

© Copyright Les Echos

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