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Production industrielle dhuile de coton - Seules
seize unités maliennes sont conformes aux normes sur près
de cent huileries recensées Il ne sagit pas, dans le cas présent, dexcès en terme de quantité daliments, mais plutôt de la qualité de ceux qui nous sont vendus comme aptes à la consommation humaine. Après différentes affaires, comme celle du bromate de potassium qui défraya la chronique en 2001, la sécurité sanitaire de nos aliments est au coeur de nombreuses réflexions. Au centre de celles-ci, la question du contrôle de la qualité des huiles produites localement à base de graines de coton. Dans notre pays, ce sont près de huit milliards de francs CFA qui sont dépensés annuellement pour limportation dhuiles alimentaires et dérivés. Nous nous approvisionnons principalement dans la sous-région (Burkina Faso et Côte dIvoire en premier lieu) mais aussi en Inde, au Pakistan et en Malaisie, entre autres pays. Dans le même temps, près dune centaine dunités dites «industrielles» produisent de lhuile alimentaire, des tourteaux pour le bétail et de lhuile pour la fabrication de savon à partir de graines de coton. Notons que, selon les chiffres disponibles, lhuile de coton occupe le cinquième rang mondial pour ce qui est de la consommation des ménages en huile alimentaire. Seul hic, mais il est de taille: le processus de raffinage. Cest, en effet, de lui que dépend linnocuité ou la toxicité du produit fini, dont la couleur varie du jaune au jaune orange léger. Cest pour informer la presse sur la situation actuelle des huileries industrielles transformant les graines de coton dans notre pays, après que lASCOMA (Association des consommateurs du Mali) ait levé le lièvre sur la mauvaise qualité, pour ne pas dire la dangerosité, de certains produits vendus sur nos marchés, que le Directeur National de lIndustrie (DNI), Adama Konaté, en compagnie de son homologue du Commerce et de la Concurrence (DNCC), Mahamane A. Touré et de représentants du Laboratoire National de la Santé (LNS) et de lAgence Nationale de Sécurité Sanitaire des Aliments (ANSSA), entre autres personnes ressources, a souhaité rencontrer la presse le 17 janvier dernier dans la salle de conférences de la CCIM (Chambre de commerce et dindustrie du Mali). Dans son exposé liminaire, M. Konaté est revenu sur le contexte qui a présidé à la création dunités de production dhuiles alimentaires dans notre pays, ces initiatives entrant dans le cadre de la promotion du secteur industriel. Malheureusement, il sest avéré que toutes les unités qui avaient obtenu leur agrément étaient loin de répondre à lexigence de «lobligation de fournir aux consommateurs des produits de qualité». Cest pourquoi, après «des plaintes enregistrées ces derniers temps sur la qualité des huiles vendues sur les marchés», des missions furent effectuées dans diverses localités. Le constat, après lévaluation du fonctionnement de ces huileries (équipement, processus de fabrication, matières premières) et le prélèvement et lanalyse déchantillons, est alarmant, nous osons le dire. Selon Adama Konaté lui-même, sur la centaine dunités de production dhuile, «le constat sur le terrain est que la plupart de ces unités ne fabriquent pas de lhuile raffinée». Résultat: par un arrêté interministériel en date du 15 janvier 2008 (mieux vaut tard que jamais), «la fabrication de lhuile alimentaire à base de graine de coton est suspendue dans les unités de production ne disposant pas dun système de raffinage complet». Ce qui veut dire, plus prosaïquement, que sur près de cent unités de production, seules seize ont été retenues, après investigation, pour produire et commercialiser de lhuile de coton au Mali. Dans la liste, outre HUICOMA (Huilerie cotonnière du Mali), avec ses unités de production de Koulikoro et de Kita, on compte deux unités à Bamako, deux à Fana, une à Bougouni, quatre à Sikasso, trois à Ségou et trois à Koutiala. Reste à relever le défi de lidentification de leurs produits par les consommateurs! Intervenant à la suite de son homologue de lIndustrie, M. Touré, Directeur National de Commerce et de la Concurrence insistera, quant à lui, sur la synergie daction qui doit exister entre toutes les structures de létat concernées par la problématique de la qualité de lhuile de coton (DNI, DNCC, LNS, ANSSA). Car cest là que le bât blesse, chacun de ses services ne disposant pas en son sein de toutes les ressources en hommes et en équipements nécessaire au contrôle de la qualité des produits alimentaires proposés aux Maliens. LANSSA, qui évalue les risques et communique les informations dont elle dispose pour lancer des alertes, ne peut effectuer de contrôles et doit référer les cas à ses services partenaires. Le LNS nest pas un service de répression des fraudes, son rôle se bornant, sur requête, au prélèvement, à lanalyse et à la fourniture des résultats relatifs à léchantillon en cause. La DNI nest dans son rôle que quand elle promeut la création dunités industrielles et leur donne pour consigne dintégrer les exigences de qualité dans leur processus de production tandis que la DNCC, qui na pas les compétences nécessaires à lanalyse des produits, a pour missions de rechercher, de constater et de poursuivre les coupables de tromperie sur les marchandises et de concurrence déloyale. Elle met dailleurs à la disposition de tous ceux qui ont des doutes sur des marchandises mises sur le marché un numéro vert (appel gratuit) le 20 00. La Direction Nationale de lAgriculture a en charge le contrôle des produits dorigine végétale, tandis que les services vétérinaires traitent ceux dorigine animale. Il existe un décret de juin 2006 portant sur le processus à suivre pour mettre des denrées alimentaires sur le marché malien, avec une Commission nationale qui statue en dernier ressort. Dans les faits, les lots nétant pas identifiables la plupart du temps, il est quasiment impossible danalyser systématiquement un échantillon de chaque lot dhuile mis sur le marché. Retour donc aux techniques empiriques pour éviter de se faire vendre une huile de coton impropre à la consommation? Rappelons tout dabord que sa couleur, qui ne doit pas être trouble, varie du jaune au jaune orange léger, quil ne doit y avoit aucun débris ou dépôt au fond du contenant et que lexposition à la lumière et à la forte chaleur oxyde le produit. En tout état de cause, la matière première dispopnible cette année nétant que de 100 000 tonnes pour une capacité de traitement de 1 200 000, il serait bien judicieux que nos industriels misent sur dautres ressources oléagineuses pour approvisionner le marché malien en huiles raffinées de qualité. Larachide est déjà là, tout comme le sésame, et le tournesol (en essai de culture sur 2 000 hectares à Sikasso lan dernier et bientôt sur 10 000 hectares en Zone Office du Niger) et le soja pourraient valablement être mis à profit. Espérons pour notre santé et pour le développement dun tissu agro-industriel performant que les promoteurs se reconvertiront ou investiront dans ces spéculations, pour éviter aux consommateurs maliens de prendre des risques alimentaires lourds de conséquences sur leur santé, y compris celle de la reproduction. Ramata DIAOURE © Copyright L'Indépendant Archives |
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