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Recherche Géologique et Etude du Secteur Minier
- Le projet Sysmin dévoile ses secrets Au nombre des nouveaux indices figurent en bonne place un grand potentiel pétrolier dans la zone Yélimané-Sandaré-Bafoulabé-Nioro du Sahel (en plus des cinq bassins sédimentaires déjà connus) et dans le Gourma, 37 nouveaux indices de bauxite avec des teneurs supérieures à 60 %, contre une moyenne internationale de 43% décelés dans le cercle de Kita, de l'or, du diamant, du cuivre, du zinc, du nickel, du plomb, de l'arsenic, du chrome, du lithium, du fer, du kaolin, du vanadium Le point avec le Directeur de la Cellule de Pilotage et de Gestion du Projet, Ousmane Konaté. Financé à hauteur de 15 millions d'euros, environ 10 milliards de FCFA, sans contrepartie malienne - il s'agit en fait des ressources provenant du Stabex - le projet "recherche géologique et études du secteur minier" qui a pris fin le 31 décembre dernier, avait pour objectif spécifique la promotion des ressources minérales du Mali tant sur les marchés d'exportation que sur les marchés locaux par la mise en place d'infrastructures géologiques fiables grâce à la production d'informations géologiques de base indispensables, la définition d'un programme sectoriel qui permet au Mali de s'insérer durablement dans l'économie minière régionale et mondiale. Les résultats du volet de géophysique aéroportée qui a couvert environ 80 000 km2 (8 millions d'hectares) sont très satisfaisants. Ces résultats ont donné naissance à un autre projet dénommé recherche des structures kimberlitiques dans la zone de Bougouni. Ce projet a mis en évidence environ 500 indices qui ressembleraient à des kimberlites, un type de roche qui héberge généralement le diamant. A rappeler, au passage, que dans la zone de Kéniéba, il y a environ 30 kimberlites sur lesquelles 8 sont diamantifères. Dans le cas de la zone de Bougouni, 5 indices de géologie aéroportée ont signalé la présence des roches liées à la kimberlite. En dehors de la recherche des structures kimberlitiques, il y a eu une cartographie géologique du Birminien qui a identifié et validé 941 indices miniers dont 396 nouveaux. Le projet a mis en place un SIG (Système d'Information Géographique). Il a produit 13 cartes géologiques à l'échelle de 1/200 000, deux cartes géologiques à l'échelle de 1/500 000, 82 cartes géochimiques, toujours à l'échelle de 1/200 000, qui ont mis en évidence des éléments or, cuivre, zinc, nickel, plomb, arsenic. Précisons que le Birminien est une zone géologique qui intéresse la zone de Kéniéba, Kayes, Douentza. Quant à la cartographie de Yélimané - Sandaré - Bafoulabé - Nioro du Sahel, elle a permis la découverte de 220 indices de pierres semi-précieuses dont 100 nouveaux comme la calcédoine, le grenat et la préhinite. Ici, des indices de fer et de calcaire ont également été identifiés. Par ailleurs, il a été aussi mis en évidence un graben qui pourrait être une structure susceptible d'être un réservoir pour le pétrole. C'est une structure stratigraphique, à l'image du fameux Hassi Messaoud algérien, connu pour être un très grand gisement pétrolier, que les méthodes conventionnelles de sismique ne permettent pas de détecter. La cartographie de Sirakoro et Bafing Makana et une partie de Dinguirèye dans le cercle de Kita a abouti à des résultats très intéressants pour la bauxite où des teneurs supérieures 60% ont été mesurées, dépassant de loin la moyenne internationale qui est de 43%. Il y a environ 37 nouveaux indices qui y ont été identifiés. Si l'on sait que l'aluminium, extrait à partir de la bauxite entre dans tout à l'heure actuelle - même dans l'industrie aéronautique - on n'a, dès lors, pas besoin de souligner l'importance économique de cette substance au moment où la demande internationale en métaux de base est très forte sur le marché international, une situation liée, en partie, aux besoins de croissance de la Chine. Ici, des indices très intéressants de zinc, de cuivre, d'argent et d'or ont été aussi mis en évidence. Pour ce qui est de la cartographie du Gourma (les feuilles de Intilit) elle a mis en évidence des intérêts pour la recherche pétrolière avec la présence d'une roche-mère riche en matières organiques, en méthane notamment. La zone concernée va de Bambara - Maoudé à Ansongo en passant par Gao-est, Tombouctou, Gourma Rharous et Hombori. Cette étude a également révélé 14 indices de manganèse, substance très utilisée dans l'industrie automobile. Il y a aussi des indices de charbon. L'étude sectorielle pour le kaolin, le lithium et l'uranium et les anomalies de géophysique aéroportée a aussi donné des résultats intéressants qui ont été contrôlés et validés avec à la clé, la découverte, du kaolin à Gao où la teneur va jusqu'à 60%. Le kaolin entre, entre autres, dans la fabrication du papier, l'industrie pharmaceutique, la production de la peinture, des pesticides, des usines de carreaux, des dalles vernissées Quant au lithium, découvert vers Bougouni, il entre dans la composition de la céramique haute qualité, des pots catalytiques, des batteries pour les portables et même dans l'industrie de l'armement nucléaire. L'étude a, par ailleurs, révélé vers Kadiana (cercle de Bougouni) pour la première fois au Mali, un indice de vanadium, une substance entrant dans la composition des aciers spéciaux de haute résistance. Il y a eu, enfin, une étude de prospection géophysique et géochimique de Ansongo. Cette étude fait suite à une autre réalisée par le projet BEI. Il s'agissait, en fait, de vérifier des anomalies mises en évidence par ce premier projet qui avait décelé quelques indices de cuivre et d'or. Les résultats définitifs seront disponibles ultérieurement. L'identification et la validation de ces indices miniers se sont accompagnées d'un programme de renforcement de capacités des cadres de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines (DNGM) et de la création d'une base de données qui permet un accès instantané aux informations géographiques, géologiques, géochimiques et cartographiques, tout en permettant de faire des analyses croisées. Cette base de données, constamment actualisée, est, selon Ousmane Konaté, la plus performante en Afrique de l'Ouest. Dans le cadre la promotion minière, un site web a été créé pour la DNGM. Six sessions de formation de 10 ingénieurs sur le Système d'Information Géographique ont été réalisées dans la même veine. Quarante cinq cadres de la DNGM ont participé à la réalisation des projets et à un transfert de compétences. Dix cadres de la DNGM ont effectué des stages au siège des prestataires de services en Europe. Toujours dans l'optique de la promotion minière, des cadres du ministère des Mines ont participé à 8 conférences minières. S'y ajoutent l'organisation des journées minières de 2005 et 2007 et d'un séminaire sur la législation minière qui a enregistré la présence de 37 participants. "Avec ces résultats, nous devons atteindre les objectifs de diversification tels que définis par la Déclaration de politique minière du Mali, le Projet de Développement Economique et Social (PDES) la Lettre de Cadrage et la Déclaration de Politique Générale du Premier ministre. Ils devront nous permettre de sortir de la monoculture très dangereuse de l'or, car tributaire des aléas du marché international et d'exporter d'autres substances que le métal jaune" de confier Ousmane Konaté, Directeur de la Cellule de Pilotage et de Gestion du Projet SYSMIN. Il reste maintenant à l'Etat d'évaluer rapidement les gisements mis en évidence et d'en faire la promotion auprès des investisseurs potentiels étrangers et nationaux et daméliorer le climat des affaires à travers la relecture du Code minier en le rendant plus attrayant. L'Etat se doit aussi de poursuivre les travaux de recherche et d'étude pour déceler d'autres indices miniers, car le projet SYSMIN n'a concerné que 700 000 km2, alors que le Mali fait quand même 1 242 000 km2. Yaya SIDIBE © Copyright L'Indépendant Archives |
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