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Economie: Pas encore le grand bond Les recettes fiscales ont connu une augmentation de 11,02 %, passant de 459 milliards de Fcfa en 2006 à 509,6 milliards Fcfa pour lannée qui vient de sécouler. Ce qui corrobore la montée de la pression fiscale, passée de 14,7% à 15,2 %. Les recettes non fiscales, quant à elles, restent dans une fourchette caractérisée par une stagnation. Elles sétablissent à 30,2 milliards Fcfa. Les dons sont de 179,4 milliards de Fcfa en 2007 contre 162,6 milliards de Fcfa en 2006, ce qui laisse apparaître une confiance accrue des partenaires financiers multilatéraux. La meilleure preuve en est la signature entre la Banque mondiale et le gouvernement, en septembre dernier, dun accord de financement de la phase II du Programme dinvestissement dans le secteur de léducation (Pise II) dune enveloppe de 17,5 milliards de Fcfa. Cela vient sajouter au Millenium challenge accouant pour lequel, à terme, des centaines de milliards Fcfa seront engrangés en termes dinvestissements. Le satisfecit décerné au gouvernement par le Dr Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (Bad), à la fin de sa visite aux allures dinspection des chantiers financés par son institution, en novembre dernier, plaide aussi en faveur de laccroissement des allocations de la Bad en faveur du Mali. Cependant, il a été observé un léger renchérissement du coût de la vie, se traduisant par un taux dinflation annuel de 1,9 % contre 1,2 % antérieurement. Par aileurs, le Pib en volume est monté, passant de 5 % à 5,4 %. Le Pib nominal, de son côté, connaît une hausse de 231,1 milliards de Fcfa. Il ny a aucun arriéré de paiement (intérieur comme extérieur), mais lencours de la dette publique a connu une croissance jusquà 850, 8 milliards de Fcfa contre 745,7 milliards de Fcfa en 2006. Elle se subdivise en 676,4 milliards de Fcfa pour la dette extérieure et 83,4 milliards de Fcfa pour la dette intérieure. Les bons points du tourisme Linauguration des Entrepôts sénégalais au Mali (Ensema) en août 2007 et la relance du trafic ferroviaire par lacquisition dun matériel roulant flambant neuf (au coût de plus de 13 milliards de Fcfa) marque un tournant dans le positionnement du Mali comme carrefour incontournable de lUemoa. Ce qui pourrait constituer un atout pour le secteur privé malien, si ce dernier ne sétait pas aujourdhui empêtré dans des querelles intestines étalées au grand jour à travers les élections consulaires de la Chambre de commerce et dindustrie du Mali, du Conseil malien des chargeurs et du Conseil malien des transporteurs routiers. Des déchirures qui ont fait voler en éclats le secteur privé qui entretient désormais plusieurs camps se regardant désormais en chiens de faïence. Faiblesse du tissu industriel Le programme de mise à niveau des entreprises a été activé au bénéfice de quelques structures du secteur privé, mais un manque de cohésion et dentente sur lessentiel en a limité la portée. Par ailleurs, le secteur minier a trop fait parler de lui pendant lannée 2007 à cause de lor, objet dune campagne internationale de la part dOng qui ont posé un débat en ces termes : « A qui profitent les revenus de lor au Mali ? ». Lexploitation des atouts économiques du Mali passe par la transformation des produits agricoles. Raison pour laquelle le Conseil présidentiel pour linvestissement a mis laccent, lors de ses sessions de lannée 2007, sur lagro industrie. Ce serait aussi une réponse efficace à la question des pénuries cycliques de denrées de première nécessité, cause dune spéculation sur les prix aux frais du consommateur. Lannée 2007 na pas été épargnée par ce casse-tête et la concertation initiée à ce sujet par la centrale syndicale, lUntm, depuis la semaine dernière, trouve ici tout son sens. En décidant de regrouper léconomie, lindustrie et le commerce dans un seul département ministériel, à la faveur de lavènement du gouvernement Modibo Sidibé, les autorités du pays entendent mettre un accent tout particulier sur la nécessité dune politique cohérente de gestion de ces secteurs connexes. Tout le contraire de ce qui se faisait dans le gouvernement précédent, où lon relevait des dissensions entre le ministre de la promotion des investissements et des petites et moyennes entreprises et ses collègues respectifs de lindustrie et du commerce et de léconomie et des finances. Secteur bancaire en mutation En cette fin dannée 2007, on dénombre présentement 13 banques de dépôts, 534 structures de micro financement, 4 établissements financiers, 10 compagnies dassurances et 1 compagnie de réassurances. La Bdm-Sa, considérée comme la banque leader du pays, se classe 4ème banque de lUemoa, selon le classement du groupe Jeune Afrique. Au même moment, Ecobank, championne de la Brvm 2006, affiche ses ambitions de banque panafricaine par lextension de son réseau international. La Bms-sa, quant à elle, voit ses résultats récompensés par une reconnaissance internationale, grâce à une ligne de crédit de 2 milliards de Fcfa reçue dun organisme de la Cedeao. De son côté, la Bnda se lance dans une diversification de ses prestations, pour pêcher dans les mêmes eaux que ses concurrents, pour ne plus être considérée comme une simple banque du paysan. Les jeunes loups aux dents longues (Bci et Banque atlantique) montrent quils savent bousculer les aînés sur le marché, en amorçant une politique dextension de leur réseau. Cela coïncide avec la fin annoncée de la phase de redressement de la Bim-Sa qui affiche fièrement ses bons résultats de 2007. Dans lensemble, 2007 naura donc pas assuré le décollage économique tant attendu. Espérons que 2008, année test de la mise en place du Programme de développement économique et social (Pdes), marquera le déclic de la croissance accélérée projetée par le gouvernement. Amadou Bamba Niang © Copyright L'Aube Archives |
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