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Privatisation de la CMDT: L’alternative SYNAPRO
(Nouvel Horizon 03/01/2008)

Le syndicat de la CMDT SYNAPRO a animé le samedi dernier une conférence de presse dans l’enceinte de ladite société. L’objectif de cette rencontre était de faire l’état des lieux de ce géant de l’agro industrie de tenter de faire des propositions, en espérant que le processus de privatisation de la société sera arrêté.

Cela est-il possible encore, quand on sait que le 31 décembre déjà, devrait commencer la création des quatre sociétés comme prévu? En tout cas, le SYNAPRO, sous la houlette de Zakariyaou Diawara, s’est prêté à cet exercice.

PAS DE PROBLEME DE GESTION

Dans sa démarche, le SYNAPRO amis l’accent sur le fait que la CMDT n’a pas de problème de gestion, en se fondant sur le fait que les vérificateurs s’y sont rendus et ont travaillé pendant quinze jours sur les éléments mis à leur disposition sans pour autant décéler des fautes graves en matière de gestion._ Néanmoins, M. Zakariyaou a souligné que comme dans toute gestion, quelques irrégularités inhérantes à la gestion en général ont été enregistrées.

LES RAISONS DE LA CONTRE-PERFORMANCE DE LA SOCIETE

Qu’à cela ne tienne, la société traverse de sérieuses difficultés, en ce sens qu’elle a du mal à être aussi performante que le souhaitent la direction, les travailleurs, les producteurs et l’Etat malien. En effet, la filière coton est confrontée à des problèmes de subvention des pays riches à leurs producteurs. Ce qui, selon le conférencier, n’est pas de nature à favoriser l’épanouissement de la CMDT, des producteurs et à mettre à l’aise l’Etat malien.

L’Etat, pour être toujours contraint de faire face au déficit de la société, a décidé, sous l’influence de la Banque mondiale, de privatise la CMDT. Cette idée ténanise travailleurs, producteurs et autres d’inquiétudes, dans la mesure où on estime à plus de trois millions les personnes qui travaillent dans la filière coton au Mali.

LA PRIVATISATION EST-ELLE ENCORE EVITABLE?

D’ailleurs, il aura fallu la perspicacité de l’Etat malien, notamment du président Amadou Toumani Touré et de son ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga pour renvoyer la privatisation de la société à 2008. D’ici cette date, des efforts de création de quatre sociétés étaient en cours, notamment avec la Mission de Restructuration du Secteur Coton.

Pour certains participants à ladite conférence, le SYNAPRO est sorti en retard pour demander à ce que la socit ne soit pas privatisée. Mais, pour les syndicalistes, ils ne sont pas à leur première sortie, étant donné qu’ils ont à leur actif plusieurs rencontres sur les problèmes de la filière coton. _ A la question de savoir s’il était encore possible de revenir en arrière, le secrétaire général de la filière coton a repondu qu’ailleurs la privatisation n’a pas été la solution.

L’APPORT DE LA CMDT A L’ECONOMIE NATIONALE

Les responsables du SYNAPRO, au cours de cette rencontre d’information, de sensibilisation et d’échanges, a surtout mis l’accent sur les conséquences que la privatisation de la société pourrait avoir sur l’environnement des affaires, l’économie du pays de façon générale car, a-t-il souligné M. Zakariyaou, la CMDT a un apport inestimable dans l’économie du pays, en ce sens qu’elle travaille avec tous les acteurs économiques.

Ainsi, a-t-i suggéré, qu’ilest surtout nécessaire de diversifier la production pour élargir la marge de manoeuvre de la société. C’est ainsi qu’il rappelera qu’auparavant, les zones CMDT avaient une grande capacité de production, puisqu’un moment, le sac de maïs était vendu à 1000 francs CFA. Au-delà de cet aspect, les zones CMDT, étaient celles de grandes productions céréalières du pays, sans compter que la CMDT, pendant plusieurs années, a contribué au développement des infrastructures diverses comme les routes, les centres de santé, les écoles entre autres.

Avec la privatisation de la société, toutes ces actions connaitront une fin, a-t-on souligné. C’est au regard de tous ces facteurs que le SYNAPRO estime qu’il n’est pas tard de prendre une autre décision salutaire contre la privatisation et qui serait sous tendue par la diversification de la production, source, selon lui d’équilibre, surtout à un moment où il est de plus en plus question de l’insécurité alimentaire et de la lutte contre ce phénomène qui met depuis quelques années les consommateurs à rude épreuve.

LE PROCESSUS DEJA EN MARCHE

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la situation est critique, et le coup semble déjà parti à un moment où certains estiment que la Banque mondiale fait des pressions afin que cette privatisation soit effective, en la posant comme condition de financement de plusieurs autres projets de développement.

Dans tous les cas, l’Etat malien, difficilement, pourra continuer à supporter le fardeau du déficit de la CMDT. Pour ainsi dire, la situation est critique. Et il appartiendra, à cet effet, à l’Etat, de prendre toutes ses responsabilités.

En privatisant la société, il devient obligatoire de gérer les conséquences sur les travailleurs et les rétombées sur l’économie nationale. Il ne semble pas, en tout cas, que cette privatisation soit encore évitable.

Moussa SOW

© Copyright Nouvel Horizon

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