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Futur pont de Koulikoro : La concrétisation du
partenariat public-privé
(L'Essor 17/01/2007)
L'ouvrage qui enjamber le fleuve Niger au niveau des villages de Kayo
et Tyen et réduira les coûts de transport des produits de
consommation
Les partenariats secteur public-privé sont envisagés en
Afrique depuis plus d'une décennie.
Présentement, ils sont considérés comme l'un des
meilleurs moyens de favoriser le développement pour plusieurs raisons
dont l'insuffisance de l'investissement, les pressions de plus en plus
fortes exercées sur les budgets d'État, les préoccupations
générales concernant la prestation des services par les
entreprises et organismes publics. Les partenariats public-privé
sont essentiellement exécutés dans le domaine des infrastructures.
De 1990 à 1998, l'investissement total dans les projets de partenariat
public-privé dans les pays en développement était
de 496 milliards de dollars dont 14 milliards de dollars en Afrique contre
237 milliards de dollars pour la région de l'Amérique latine
et des Caraïbes.
Notre pays fait de plus en plus recours aux partenariat public-privé
dans le domaine des infrastructures. En ce qui concerne le projet de construction
du pont de Koulikoro, des tentatives de partenariat avaient déjà
été envisagées sans succès en 1986 entre la
CMDT, HUICOMA et la SOMAFREC SA, ensuite en 1994, entre les autorités
locales et France Gabions. En 2002, le gouvernement a décidé
de réactualiser le dossier. A cet effet, une étude a été
réalisée en 2005 et 2006 sur budget national à hauteur
de 672 millions de Fcfa. Le projet de construction du pont de Koulikoro
vise avant tout le désenclavement intérieur du pays, le
désengorgement de la ville de Bamako et le développement
de Koulikoro. Il a également pour objectif de réduire les
coûts de transport, des produits de consommation, d'améliorer
la sécurité routière et de réduire les charges
d'entretien routier.
Le futur pont doit enjamber le fleuve au niveau des villages de Kayo et
Tyen. La longueur de l'ouvrage en béton armé est estimée
à 975 m. Il sera composé de 39 travées de 25 m, d'une
chaussée de 7 m, de deux trottoirs de 1,40 m.
Son taux de rentabilité interne est évalué à
16% pour un coût d'investissement de 28 milliards Fcfa. Le trafic
sur le tronçon prévoit 700 véhicules par jour. La
mise en service du pont est prévue pour 2010. Pour ce qui est des
routes de raccordement, le projet prévoit la construction d'une
route d'accès d'environ 350 m vers le pont sur la rive gauche à
l'entrée du village de Kayo. Sur la rive droite, sur la route Bamako-Fana
à environ 10 km après le village de Kasséla, une
autre route de 24 km permettra de joindre le pont de Koulikoro.
Quant à l'exploitation, les scénarios envisagés sont
les suivants : à 5000 Fcfa la traversée par véhicule,
les recettes cumulées brutes sont estimées à 36 milliards
Fcfa en 30 ans. A 7.000 Fcfa la traversée par véhicule,
les recettes cumulées brutes sont évaluées à
44 milliards Fcfa en 25 ans.
Le projet permettra de désenclaver la ville de Bamako et sera bénéfique
pour Koulikoro. Avec la route qui sera déviée à une
trentaine de km de la capitale à partir de la Faya, les gros porteurs
changeront d'itinéraire et auront un accès plus facile et
plus rapide à la zone industrielle.
L'Afrique est composée de 53 pays dont 38 côtiers ou insulaires
et 15 enclavés. Le transport contribue de 8 à 25 % au PIB,
selon les pays. Les investissements annuels dans le secteur représentent
25% des dépenses publiques. Les principales contraintes à
l'investissement privé sur le continent ont trait à l'inadéquation
du cadre juridique et réglementaire, à la perception négative
que les investisseurs ont du risque-pays et au rôle limité
de l'Afrique dans les échanges et les investissements internationaux.
F. MAIGA
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