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Réduction de la pauvreté: aide-toi
et le PRP t'aidera (L'Essor 30/01/2004) Les bénéficiaires
proposent en fonction de leurs besoins prioritaires et participent, de concert
avec le PRP, à la réalisation du projet Le Mali est cité
parmi les pays le plus pauvres du monde. L'incidence de la pauvreté, particulièrement
visible dans les zones rurales est estimée à 78%. Sur le terrain,
ses statistiques se traduisent en déficit alimentaire et nutritionnel,
insuffisance des infrastructures socio-économiques de base, enclavement
et faible niveau de revenu et de pouvoir d'achat. Pour renverser cette tendance
et améliorer le quotidien des habitants de ces localités démunies,
les pouvoirs publics, avec le soutien de la Banque africaine de développement
(BAD), ont initié le Projet de réduction de la pauvreté (PRP). Doté
d'un budget de près de 10,9 milliards de Fcfa pour cinq ans et placé
sous la tutelle du ministère du Développement social, de la Solidarité
et des Personnes âgées, le PRP a démarré officiellement
en mai 2001 et pour les activités de terrain, en mars 2002. Il détermine
une zone d'intervention géographique, y renforce les "capacités
institutionnelles et génératrices de revenus" des populations
et améliore leur accès aux services socio-économiques de
première importance : sécurité alimentaire, eau potable,
santé et éducation. Les régions de Kayes et Koulikoro ont
été choisies car elles se situent dans la bande du Sahel occidental
victime d'une extrême paupérisation et d'un faible niveau de financement
du développement local. Le PRP a déjà réalisé
dans les communes et villages cibles, des caisses d'épargne et de crédit,
des banques de céréales, des centres d'alphabétisation et
de santé. Les locaux abritant ces différents services ont été
inaugurés par le ministre du Développement social, de la Solidarité
et des Personnes âgées, Mme N'Diaye Fatoumata Coulibaly, lors d'un
déplacement les 22 et 23 janvier, dans les cercles de Banamba et de Kolokani
en 2è région. Le ministre était accompagné par Salikou
Ouattara du Fonds de développement social (FDS), l'organe d'exécutif
du PRP, et par la directrice de l'Unité de gestion du fonds (UGF), Mme
Sy Kadiatou Sow. Première étape, la commune rurale de Boron Sissé
dans le cercle de Banamba à 210 kilomètres de Bamako : 48 villages,
5075 kilomètres carrés, 33.503 habitants vivant de l'agriculture,
de l'élevage et du petit commerce. La commune est fortement enclavée,
manque d'eau, d'infrastructures routières, de services de santé,
souffre d'analphabétisme et végète dans une extrême
pauvreté. L'arrivée du PRP a permis à la commune de "respirer
un peu", explique Macoré Samoura, la présidente de la caisse
d'épargne et de crédit dont les locaux ont été inaugurés
jeudi par le ministre. La caisse de Boron a coûté 5,5 millions
de Fcfa au PRP et apporte, surtout aux femmes et à des conditions douces,
des financements pour de petits projets qui permettent de vivre mieux, de se soigner,
d'éduquer les enfants. Le projet construit aussi des centres d'éducation
de développement (CED) pour les enfants de 10 à 15 ans qui ont passé
l'âge d'aller à l'école. Il creuse des puits à grand
diamètre pour apporter de l'eau potable, construit des banque de céréales
pour la sécurité alimentaire, des centres de santé, installe
des moulins. Kamiko, 750 habitants, a justement bénéficié
d'un puits à grand diamètre dont le ministre a remis les clefs au
chef du village, après un accueil populaire. L'ouvrage a coûté
au PRP environ 9 millions, 2 millions de moins qu'un forage similaire inauguré
en grande pompe dans le village de Kéniébougou, toujours dans la
commune de Boron. A Kossala, 405 habitants, c'est une banque de céréales
construite pour 5 millions de Fcfa qui a été remise par le ministre,
avec déjà 2 tonnes d'arachides à l'intérieur. Le
lendemain fut un jour mémorable pour les habitants de Sirakoroba (commune
de Massantola, cercle de Kolokani) où la foule salua la pose de la première
pierre du centre de santé communautaire de la circonscription. La délégation
qui avait rallié Kolokani par une piste rurale poursuivit son chemin sur
Didiéni où Mme N'Diaye Fatoumata Coulibaly procéda à
la remise du bâtiment de la caisse d'épargne et de crédit
dont la construction avait coûté 5 millions de Fcfa. A Barakolombougou
-commune de Didiéni-, le PRP a dépensé 26 millions fcfa pour
une école communautaire de trois classes qui accueille aujourd'hui 150
élèves. La fête s'est poursuivie à Mintiguila où
le ministre a inauguré le centre d'alphabétisation bâti par
le PRB pour 7 millions de Fcfa. Toutes ces réalisations n'ont pas été
offertes clef en main. Partout les populations bénéficiaires ont
contribué en espèces ou en main d'oeuvre, se conformant ainsi à
la démarche participative du PRP : les bénéficiaires proposent
en fonction de leurs besoins prioritaires et participent à la réalisation
du projet. Durant l'exercice 2003, le PRP a réalisé 101 micro-projets
et 9 caisses de crédits dans 19 communes couvrant 418 villages. Dès
février, ses activités s'étendront à la part restante
de sa cible : 19 communes comptant 223 villages. Mme Sy Kadiatou Sow, la directrice
de l'UGF, constatera que le PRP commence à faire son effet sur la réduction
de la pauvreté. Il serait dès lors dommage, poursuivra-t-elle, de
s'arrêter en si bon chemin faute de financement. Le principal obstacle au
projet est, en effet, là : le manque de financement. C.A. DIA ©
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