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Revue conjointe Mali-Banque Mondiale (L'Essor
08/01/2003) Pour 14 projets et une enveloppe
de 546 millions de dollars -près de 355 milliards Fcfa- les difficultés
de mobilisation sont telles que le taux de décaissement n'est que de 15,3
% Les travaux de la deuxième revue conjointe du portefeuille des projets
financés par la Banque mondiale au Mali ont débuté hier au
Palais des congrès sous la présidence du Premier ministre, Ahmed
Mohamed Ag Hamani. La présente revue, première de grande envergure
depuis celle de 1995, s'inscrit dans le Cadre stratégique de lutte contre
la pauvreté dont s'est doté notre pays. Elle
s'inscrit également dans un contexte de renouveau marqué par l'avènement
de nouvelles institutions issues d'élections démocratiques, la décrispation
politique et le respect des engagements extérieurs du Mali a indiqué
le chef du gouvernement. Les assises passeront en revue l'ensemble des projets
et programmes en cours d'exécution ou envisagés par le Mali avec
l'appui technique et financier de la BM. Elle permettra d'évaluer les contraintes
et obstacles majeurs à l'exécution des projets et à l'utilisation
optimale des ressources mises à disposition, d'améliorer les résultats
des projets et d'esquisser des orientations devant faciliter la mobilisation efficace
de l'ensemble des partenaires au développement autour du programme de développement
économique de notre pays. Elles permettront de surcroît d'examiner
l'efficacité et la pertinence de la stratégie d'assistance de la
BM au Mali et de vérifier sa conformité avec nos priorités
de développement. A la cérémonie d'ouverture, le ministre
de l'Économie et des Finances, Bassary Touré s'est montré
préoccupé par le paradoxe auquel les actions de développement
sont confrontées. "D'importantes ressources financières sont
mises à notre disposition, mais ne sont pas absorbées pour amorcer
le développement. Le faible taux de décaissement des projets, 15,3
% en 2002, un des plus bas de l'Afrique subsaharienne, est une véritable
interpellation" a-t-il souligné. Compte tenu de tous les maux qui
caractérisent la gestion de notre portefeuille de projets, Bassary Touré
a estimé que cette gestion doit être repensée. La représentante
résidente de la Banque mondiale au Mali, Judith Press, a expliqué
que son institution suivait avec un grand intérêt les choix de développement
économique du Mali et s'est réjouie des efforts significatifs de
notre pays en matière de mobilisation des investissement privés
nationaux et étrangers. Des efforts encourageants au moment où l'aide
au développement baisse et qui ont permis le décaissement de la
deuxième tranche du PAS en décembre dernier. Toutefois, relèvera
Judith Press, ces performances globales d'exécution ont besoin de nettes
améliorations. Les documents préparatoires de la revue, expliquera-t-elle,
ont montré la nécessité de mettre en place une approche globale,
concertée et efficace en vue de diminuer le nombre de projets à
risques ou en situation de difficultés. La revue permettra, entre autres,
de préparer certains éléments du prochain cadre d'assistance
stratégique de la BM pour le Mali dont l'exécution est prévue
sur trois ans à partir de juillet 2003 et qui appuiera notre Cadre stratégique
de la lutte contre la pauvreté. La représentante de la BM a souhaité
une amélioration significative du portefeuille et une inversion de la tendance
à la baisse des nouveaux engagements de la BM constatée depuis quelques
années. Notre programme économique prévoit la réalisation
d'un taux de croissance de 6 % en moyenne à partir de 2004 afin de ramener
de 67 à 47 % en 2007 la part de la population vivant dans la pauvreté
tout en tenant compte de la conjoncture difficile attendue pour 2003 en raison
de la crise ivoirienne et de l'impact des conditions climatiques difficiles qui
ont marqué la campagne agricole écoulée. Les engagements
financiers de la Banque mondiale en faveur du Mali concernent 14 projets et une
enveloppe de 546 millions de dollars (près de 355 milliards Fcfa). Ils
souffrent de sérieuses difficultés de mobilisation avec un taux
de décaissement de 15,3 %. Une situation préoccupante dans la mesure
où l'appui de la BM concerne notamment les secteurs du développement
rural, du développement humain et des secteurs sociaux à la base,
des reformes institutionnelles, du développement des infrastructures et
de l'appui à l'ajustement structurel. Aux travaux de la revue qui se
poursuivront jusqu'au 10 janvier prennent part les partenaires au développement
du Mali, l'ensemble des acteurs concernés par la mise en uvre des
projets : les représentants des collectivités territoriales, du
S.P., de la société civile, des ONG et des bénéficiaires
des projets. F. MAIGA ©
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